Les entreprises encore peu emballées par le télétravail

Des enquêtes montrent que le taux de télétravailleurs est compris entre 20 et 30% en Europe et en Amérique du Nord. Ce système nécessite une solide organisation. Pour garder les liens, une présence périodique au bureau est indispensable.

Travailler en toute quiétude sans avoir subi auparavant l’horreur des embouteillages ou les désagréments des transports publics, c’est possible. Comment ? En optant pour le télétravail. Un peu partout dans le monde, de plus en plus d’entreprises acceptent cette forme d’organisation. Des enquêtes sur le sujet ont montré que ce système gagne du terrain et affiche des taux de télétravailleurs entre 20 et 30% en Europe et en Amérique du Nord. Dans certains secteurs comme les technologies de l’information et de la communication (TIC), le taux avoisine même les 50%. Et au Maroc ? Il est clair que les entreprises sont sensibles à cette démarche qui a toujours existé de manière informelle et traditionnelle : les femmes travaillant à domicile comme dans les réseaux de vente directe ou encore les délégués médicaux… Maintenant, le développement des TIC a élargi le champ des métiers susceptibles de fonctionner selon ce modèle. En plus des consultants et autres commerciaux pour qui le bureau a peu de sens, le télétravail intéresse ceux qui exercent, entre autres, dans les solutions informatiques, les médias, le marketing et la communication. Toutes les activités de production intellectuelle (fonction administrative, développement de solutions informatiques, comptabilité, création artistique, droit…) s’y prêtent, contrairement à des métiers comme ceux de la santé ou de l’industrie pour lesquels la présence physique est indispensable.

La présence reste le socle de l’organisation

Dans le pays, de plus en plus de salariés franchissent le pas ou ne le refuseraient pas si on le leur propose. Mais en dehors des petites entreprises ou de certaines start-up technologiques, les entreprises sont encore peu emballées. Il y en a qui ne sont pas prêtes à investir dans ce domaine. Mais le principal frein est que les employeurs ne sont pas prêts à rompre avec la présence physique. Par manque de confiance à l’égard  des collaborateurs, mais surtout pour s’assurer que tout le monde fait son travail correctement et dans les délais requis. En fait, le télétravail est une culture qui n’est pas partagée par tous, et nécessite une solide organisation. Faute de quoi, il peut conduire à des résultats contraires à ce qui est espéré. Et le fait de l’adopter ne met pas un terme à une présence périodique au bureau, ne serait-ce que pour garder les liens. Des experts nous donnent leur avis dans ce dossier.