Les détails qui comptent, en plus du diplôme

Formation poussée, solide expérience professionnelle et performances remarquées dans son entreprise d’origine sont indispensables pour être remarqué par des chasseurs de têtes.
Présentation, respect des rendez-vous, maîtrise des langues, culture générale : à ne pas négliger.

Pour pourvoir un poste vacant, beaucoup d’entreprises misent sur la promotion interne. Mais il arrive que, compte tenu du profil souhaité, elles aillent chercher la perle rare dans une autre entreprise. De telles occasions sont guettées par les cadres performants qui désirent donner un coup d’accélérateur à leur carrière. Cependant, la compétence technique ne suffit pas pour séduire un chasseur de têtes. Il faut savoir se vendre. Bouchaïb Serhani, DG de Gesper Services, explique.

La Vie éco : Les entreprises recourent-elles fréquemment au débauchage des cadres ?
Bouchaib Serhani : Il faut dire que cela concerne principalement des profils pointus et rares. Même si ce n’est pas encore très développé sur la place, on observe toutefois que les entreprises n’hésitent plus à aller chercher les bons profils là où ils se trouvent, soit par l’intermédiaire des chasseurs de têtes, soit par une approche directe.

Quelle approche adopter pour séduire un chasseur de têtes ?
Il faut souligner qu’un cadre à haut potentiel doit toujours garder un œil sur sa carrière et son employabilité. Pour augmenter ses chances d’être «chassé», il doit avant tout avoir un profil intéressant. J’entends par là qu’il doit avoir une formation poussée (bac+4 ou 5) de type ingénieur, financier ou autre. Mais le principal est d’avoir une expérience de plus de trois ans dans un domaine particulier. L’idéal serait qu’il ait eu à piloter d’importants projets du type lancement d’un produit, s’il s’agit d’un poste en marketing ou commercial, la conduite d’un processus de démarche qualité, le montage d’une opération financière…

Les critères techniques sont-ils suffisants ?
Jusqu’à présent je n’ai parlé que du parcours professionnel idoine d’un bon profil. Evidemment, lors des entretiens de recrutement, le candidat doit être capable de tenir une conversation et avoir une culture générale solide. Des petits détails comme la présentation et la ponctualité sont aussi déterminants. Il nous arrive de refuser des dossiers à cause des retards des candidats.

En dehors de tous ces aspects, comment accroître ses chances d’être repéré ?
Les annuaires d’anciens étudiants de grandes écoles et les associations professionnelles sont d’importants supports à ce niveau. Malheureusement, ce sont des outils peu diffusés sur la place, surtout pour les cabinets de recrutement. Un support comme internet est peu recommandé, à moins de poser sa candidature de façon anonyme.

De quelle manière doit-on gérer la proposition d’un chasseur de têtes ?
Il faut s’entourer de précautions quand on reçoit de telles propositions. La première consiste à s’assurer de la fiabilité de l’offre de la personne ou du cabinet qui vous contacte. Il est arrivé que des propositions soient le fait de dirigeants qui voulaient tester la fidélité de leurs cadres. Le plus sage est de temporiser, de prendre les coordonnées de l’interlocuteur pour le rappeler ultérieurement et de mettre à profit le délai fixé pour faire des recherches sur son interlocuteur et la société concernée. Mais si on n’est pas intéressé, on doit décliner l’offre ouvertement.

Y a-t-il d’autres précautions à prendre ?
Il faut savoir qu’un chasseur de têtes, pour éviter toute erreur, peut pousser la recherche jusqu’à savoir presque tout d’un prospect. C’est surtout le cas lorsqu’il s’agit de profils pointus. C’est pourquoi le candidat doit jouer la carte sincérité. Tout dépend aussi du consultant ou recruteur à qui l’on a affaire. Au cours des entretiens, les candidats doivent toujours demander plus d’éclaircissements sur les questions posées et chercher à les recadrer.
Le consultant cherche le maximum d’informations sur le candidat pour bien le cerner. Pour sa part, le candidat doit aussi tirer le maximum d’informations sur le client final. Même si, a priori, le nom de l’entreprise peut ne pas lui être communiqué, il doit toujours prendre la précaution de se renseigner sur son secteur d’activité, sa taille, son mode de management… Mais aussi sur l’étendue du poste et ses limites, les conditions de travail et les moyens pour réussir sa mission.

Comment préparer le dossier de candidature ?
Un CV n’a pas besoin d’être étalé sur plusieurs pages. Parfois une seule suffit. Il doit pouvoir accrocher le recruteur. A part la mention des expériences précédentes et du cursus de formation, il me semble important de bien signaler le niveau de maîtrise des langues. Chose qui est rarement bien détaillée. Autre particularité, la rubrique «divers». Cela permet au consultant de savoir si le candidat est du genre solitaire ou sociable. Il faut détailler au maximum les actions sportives et associatives. Il est également utile de mentionner la fonction souhaitée.

Bouchaïb Serhani,
DG de Gesper services
«Une expérience minimale de trois ans pour espérer attirer l’attention d’un chasseur de têtes.»