Les coachs veulent mettre la profession aux normes internationales

Le concept est encore mal connu, il est confondu avec le conseil, la formation ou encore la psychothérapie.
Un métier jeune : près de 77% des coachs qui exercent au Maroc ont une expérience de moins de cinq ans.

Séances collectives de peinture, musique, séances photo… mais aussi coaching collectif et débats sur les pratiques du coaching, c’est dans une ambiance bon enfant que se sont tenues les deuxièmes assises du coaching les 13 et 14 juin à l’Agora, à Casablanca, à l’initiative de l’association Maroc Coaching.

Pour la communauté de coachs qui s’agrandit d’année en année, un des objectifs qui consistait à susciter le débat autour d’un concept qu’on a encore du mal à cerner est donc bien atteint. Mais il reste du chemin à faire, au Maroc comme ailleurs, pour que l’unanimité se fasse autour du métier. Dans son introduction, Youness Bellatif, président de l’association, a tenu à rappeler que le marché du coaching se développe de plus en plus et que l’ambition de l’association est de professionnaliser le coaching au Maroc selon les normes internationales.

84% des entreprises sont satisfaites de la démarche

Par ailleurs, Olivier Devillard, coach professionnel, co-fondateur de l’association SF Coach et auteur de plusieurs publications sur le sujet, a fait le parallèle avec l’association française qui a souffert lors des premières années de sa création. Il explique qu’aucun référentiel n’existait au départ et qu’il a fallu mettre en place une déontologie afin de préserver le métier de tout charlatanisme.

Le coaching doit en effet répondre à un besoin précis, pour un objectif défini. Pour celui qui le sollicite à titre personnel comme pour une entreprise, il s’agit, après tout, d’un investissement. Une séance individuelle est en effet facturée entre 1 000 et 2000 DH et la journée de coaching collectif revient à 15 000 DH. Par ailleurs, il a été présenté la première étude sur le marché du coaching au Maroc.

Ce travail, réalisé avec le soutien du Programme d’appui aux associations professionnelles (Paap), consistait à dresser un état des lieux du marché du coaching au Maroc, à savoir la pratique et les expériences vécues (niveau et fréquence d’utilisation du coaching), les perceptions des bénéfices obtenus, les perceptions des tarifs pratiqués sur la place, l’image d’un coach professionnel ainsi que l’image/perception des formations au coaching. L’échantillon est constitué de 90 entreprises et d’une soixantaine de coachs et opérateurs de formation.

La diversité des approches et des types de coaching (individuel, collectif, coaching interne ou externe) rend difficile la délimitation du champ de l’étude et de la nature des prospects.
Parmi les principales conclusions, on retiendra que le concept reste méconnu, mais surtout fait l’objet d’un amalgame avec le conseil, la formation ou encore la psychothérapie.

Mais, globalement, près de 84% des entreprises sont satisfaites de l’approche et y ont eu recours pour renforcer les compétences managériales des cadres. Pour elles, les références professionnelles du coach sont un atout indispensable avant d’entreprendre la démarche. L’étude montre également que près de 77% des coachs ont une expérience de moins de cinq ans. C’est dire que le métier est encore récent. 60% sont issus du milieu de la formation et du conseil et 73% ont une formation de coach.