Les cadres les mieux payés, les fonctions qui évoluent le plus

Commercial et finance, les fonctions les mieux rémunérées.
Elles sont talonnées par les ressources humaines, achats et logistique,
qualité.
Plus on avance dans la carrière et plus le salaire augmente, mais c’est
dans les cinq premières années que les augmentations sont les plus
notables.

Quelles sont les fonctions les mieux payées sur la place ? A priori, la question constitue un véritable casse-tête pour les entreprises. Faut-il payer un commercial plus qu’un financier ? ou plutôt un DRH plus qu’un logisticien ?… Bref, les enquêtes de rémunération sont de plus en plus utilisées pour non seulement se positionner sur le marché mais aussi se positionner en matière de postes et ce dans un souci de fidéliser les titulaires des postes-clés. Les systèmes d’individualisation des salaires se généralisent (surtout dans les entreprises structurées). En d’autres termes, la part variable gagne des points sur la fiche de paie. Elle serait de 20 % pour un cadre, voire 50 % dans certaines fonctions.

Mais qui tient donc la tête d’affiche ? Quel que soit le niveau d’expérience, toutes fonctions confondues, les salaires offerts aux cadres de la fonction commerciale restent indiscutablement les plus élevés. Pas de surprise donc puisque, pour les entreprises, conforter et élargir leur marché constitue une préoccupation permanente. Presque tous les secteurs sont en quête de commerciaux et leur soif n’est pas près d’être étanchée. Ainsi, près de 35% des recrutements concernent cette population, tous postes confondus. Plusieurs milliers de postes ne seraient pas pourvus actuellement, faute de candidats dotés de compétences satisfaisantes. Le salaire d’un directeur commercial tourne en moyenne autour de 60 000 DH bruts mensuels (fixe et variable). Les responsables d’équipes ou des grands comptes ne sont pas loin de 25 000 DH. Quant aux technico-commerciaux et commerciaux/vendeurs, ils perçoivent en moyenne respectivement 20 000 et 12 000 DH. «La rémunération est dans ces cas très volatile et varie en fonction de la performance du commercial», précise Houcine Berbou, Consultant senior à LMS-ORH. Les salaires les plus élevés se retrouvent dans les secteurs à forte compétition : la chimie et la parachimie, l’automobile, l’agro-industrie.

Egalement chouchoutées, les fonctions de la finance et de la gestion. Normal, puisqu’elles sont stratégiques et qu’elles supposent une relation de confiance sans faille avec la direction. Les métiers de la gestion et de la comptabilité sont toujours demandés, mais requièrent de plus en plus d’aptitudes managériales. Analyste financier, chargé de clientèle, actuaire, gestionnaire de fonds et autres conseillers, la spécialisation devient plus poussée. A titre indicatif, le salaire d’un auditeur peut aller au-delà des 600 000 DH bruts annuels ; idem pour un contrôleur de gestion. Un directeur financier peut aller jusqu’à un million de dirhams s’il est recruté par une grande entreprise… Il faut dire également que les profils rares sont généralement bien payés.

RH, qualité, logistique et achats continuent d’animer le marché des salaires
A côté des profils classiques (vente et finances), de nouveaux besoins, liés aux nombreux programmes de réorganisation, sont de plus en plus exprimés dans certaines fonctions. C’est le cas des ressources humaines, des achats et logistique, et de la qualité.
Ainsi, les ressources humaines, du moins dans les grandes entreprises, sont de plus en plus considérées comme une activité stratégique, ce qui contribue à faire grimper les rémunérations. Les formations RH qui faisaient défaut autrefois commencent à se développer, et du coup, quelques promotions commencent à voir le jour sur la place. «Reste que les profils de DRH sont encore rares sur la place», indique Ghizlaine Laabi, responsable des enquêtes de rémunération au cabinet Diorh
Du côté des ingénieurs, ce sont les experts qui tirent le mieux leur épingle du jeu, notamment dans l’informatique. Les chefs de projets, que leurs directions souhaitent fidéliser, ainsi que les experts en recherche et développement (télécoms, aéronautique…) ne sont pas oubliés. Un bémol : ces augmentations profitent avant tout aux cadres expérimentés.
Enfin, la logistique et les achats font désormais partie des fonctions en vogue. Les salaires vont de 660 000 à 980 000 DH pour un directeur logistique et de 280 000 à 480 000 DH pour un cadre.

Une nette progression pour les postes de direction
Les postes ne sont toutefois pas donnés au premier venu. Les employeurs recherchent avant tout des personnes expérimentées. D’ailleurs, ce critère est mentionné dans pratiquement toutes les annonces. Soucieuses de leur image et de leur performance, les entreprises sont plus exigeantes
En matière de fiche de paie, plus on avance dans la carrière et plus le salaire augmente. Cela dit, il existe des paliers. Ainsi, c’est généralement dans les cinq premières années que les augmentations sont les plus notables. Ensuite, elles ont tendance à devenir moins spectaculaires. Passé le cap de la quarantaine, l’évolution de la rémunération tient avant tout au type de fonction occupée et au secteur d’activité dans lequel elle s’exerce.

A noter que les salaires qui ont évolué le plus rapidement sont à mettre à l’actif des postes de direction toutes fonctions confondues. Ainsi, on note une progression de 12 % de la rémunération des directeurs financiers (voir tableaux ci-contre). Le salaire moyen passe de 839 330 DH en 2004 à 953 312 DH en 2005, selon l’enquête 2005 du cabinet Diorh. Autre fonction en forme : les directeurs qualité. Leur salaire est passé de 565 781 à 623 592 DH, soit une progression de 9 %. Les DRH, pour leur part, passent de 795 548 à 839 887 DH bruts annuels, soit une progression de 5 % durant la même période.

En revanche, la fonction informatique recule. On n’en est plus à la frénésie des années 90.
Concernant les jeunes diplômés, il faut noter que le potentiel ou la personnalité du candidat sont de plus en plus déterminants dans la rémunération. La formation de base ou la notoriété de l’école arrivent en second lieu. Les salaires se situent dans une fourchette de 40 000 (Bac+2) à 250 000 DH bruts annuels (DESS, DEA, doctorat). Tout dépend aussi du secteur ou de la politique salariale de l’entreprise

Avis d’expert
« Il y a une tendance à la hausse pour toutes les fonctions»

Hassan El Khedif DRH de GSK Maroc

«Depuis plus de 5 ans, les spécialistes locaux et internationaux sollicitent les sociétés structurées à participer aux enquêtes de rémunération.
Pour ces dernières, il s’agit d’un outil de revue de leur politique de rémunération afin d’attirer et de retenir les meilleures compétences qui leur sont nécessaires.
De même, aujourd’hui, le salarié est de plus en plus informé sur les différentes politiques de rémunération à travers les recruteurs potentiels et les chasseurs de tête. De ce fait, la tendance est orientée vers une rémunération consistante et attirante, surtout pour les salariés à fort potentiel.
On constate aujourd’hui que les pratiques salariales évoluent dans le sens de la rémunération de la performance, des compétences et des potentiels et non pas seulement de l’expérience, de l’ancienneté et des responsabilités.
Par ailleurs, on parle de plus en plus de «rémunération globale», qui couvre, à part le salaire fixe mensuel , le salaire variable qui devient de plus en plus significatif, les avantages en nature et la rémunération à moyen et long terme, comme les stocks-options pour les cadres qui remplissent des fonctions stratégiques.
Concernant les fonctions montantes, je pense que l’évolution est généralisée. Toutefois, quelques fonctions se distinguent, à l’instar de la logistique, du marketing, des ressources humaines et des approvisionnements.
D’autres fonctions, notamment celles liées aux nouvelles technologies, qui ont anticipé l’évolution entre 1999 et 2000 en raison de l’«effet bug», ont par conséquent connu un effet de stabilisation au niveau des salaires»

Avis de drh
Commercial, RH et logistique : trois fonctions importantes

Mohamed benouarrek DRH dans une multinationale

«La fonction commerciale continue de surenchérir le marché des salaires. Par exemple, dans le secteur pharmaceutique, on observe une montée pour les chefs de produit. Plus qu’un commercial, un chef de produit est d’abord quelqu’un qui fait du marketing. Son métier repose sur la maîtrise du produit, la connaissance du secteur et des besoins des clients. Malheureusement, on trouve très peu de profils adéquats sur le marché. Du coup, les salaires peuvent grimper rapidement. Actuellement, le salaire d’un chef de produit dans un grand groupe oscille entre 15 000 et 20 000 DH nets. Les profils RH sont également sollicités et leurs salaires continuent de grimper. Enfin, la fonction logistique fait également son entrée dans le secteur pharmaceutique. Les salaires commencent à être intéressants pour bon nombre de logisticiens. Il faut dire que les entreprises du secteur s’intéressent davantage à cette fonction importante»