Les accidents de parcours : Ce genre de situation va devenir de plus en plus fréquent

Avis d’Omar Benaini, Consultant associé à  LMS ORH.

Notre vie est faite de ruptures, parfois gérables, parfois dures. Un changement d’entreprise, de métier ou de secteur peut être salutaire. Mais un changent de statut est parfois difficile. Par exemple, quand on a été DG pendant des années et qu’après la rupture, on n’est plus l’objet de la même attention, ou qu’on ne reçoit même plus de coup de fil, il peut être difficile de s’en remettre. Certains ont mal vécu cette chute. Ils ont pris conscience qu’ils n’ont plus la même valeur.
Le gros problème, c’est la fierté et l’estime de soi. J’ai vu des gens virés et qui ont gardé une haine tenace envers leurs anciennes entreprises même s’ils ont bien refait leur vie ailleurs. Tout ceci parce qu’ils n’ont pas été maîtres de leur destin. Rien que le fait d’avoir été remercié les a profondément touchés.
Il faut se dire que ce genre de situation va devenir de plus en plus fréquent.
Un emploi à vie dans une seule entreprise, c’est fini. D’ailleurs, depuis ces trois dernières années, nous avons pu accompagner beaucoup de managers, de directeurs de fonction (commercial, ressources humaines…) mais aussi des directeurs généraux parfois même des présidents qui ont connu ces transitions.
Pourquoi ? Parce que tout simplement nous assistons à beaucoup de réorganisations, fusions…et donc beaucoup de changements de gouvernance.
En tant que cabinet conseil, nous les accompagnons dans leur transition.  Nous leur recommandons tout d’abord de rompre l’isolement. Beaucoup n’osent pas, par fierté, contacter telle ou telle personne pour rebondir. Notre rôle est de leur montrer ce qui est central dans leur vie, leurs points marquants, leurs forces car ils peuvent négliger certains domaines auxquels ils ne pensaient pas auparavant.
Nous les aidons également à accepter leur situation. Quand on perd l’avantage d’avoir une équipe, un chauffeur, une assistante et bien d’autres et qu’on se retrouve à faire les choses soi-même, ce n’est pas si simple. J’en ai vu qui ont redécouvert les processus de socialisation qu’ils ne connaissaient pas auparavant : faire eux-mêmes les démarches pour avoir un visa ou un document administratif, se battre pour se garer quelque part… L’important est de se détacher de leur première vie.
Nous les aidons aussi à préserver leurs réseaux et pourquoi pas en reconstruire un nouveau.
L’important est de rester visible. Surtout ne pas rester seul dans sa démarche. Que ce soit un consultant ou un coach, ces derniers peuvent, en effet, proposer un plan d’action avec des perspectives positives.
Certains peuvent intervenir dans la formation. Vu le background de certains, ils peuvent notamment enseigner dans les universités et écoles de commerce. Nous avons également aidé certains managers à faire une activité libérale, en collaborant avec leurs anciens partenaires. Exemple, si un manager était dans la finance, il peut s’orienter dans le conseil, la fiscalité, l’import/export…