Le turn-over, un mal parfois nécessaire pour relancer une entreprise

La rotation naturelle du personnel d’une entreprise se situe généralement entre 5% et 15% selon les secteurs; Pour bien interpréter le turn-over, il convient de l’étudier sur la durée en tenant compte du secteur d’activité, de la catégorie professionnelle, des fonctions touchées…

Pour beaucoup d’entreprises, le turn-over constitue un véritable fléau qui s’étend sans qu’on y fasse attention. Selon des enquêtes menées sur l’emploi au niveau mondial, la durée moyenne d’emploi au sein d’une même société s’est réduite de près de 20% en 5 ans, alors que la rotation naturelle du personnel d’une entreprise se situe entre 5% et 15% selon les secteurs. Le niveau constaté au niveau mondial est perçu comme un révélateur de la démotivation des salariés. Naturellement, tous les pays et tous les secteurs ne vivent pas la même situation. Mais en général, les entreprises marocaines n’échappent pas à la nouvelle donne. Les secteurs des SSII, centres d’appel ou l’hôtellerie en savent quelque chose.

Plusieurs raisons peuvent être à l’origine d’une forte mobilité externe. A commencer par le marché du travail qui a beaucoup changé ces dernières années. Les talents d’aujourd’hui sont devenus beaucoup plus opportunistes et n’hésitent plus à bouger pour un meilleur salaire ou des conditions de travail plus en adéquation avec leurs aspirations. Le plus alarmant, c’est quand cela dénote d’un déficit dans la gestion des ressources humaines qui se traduit par la détérioration des conditions de travail, la détérioration du climat social, le stress, les mauvaises relations avec le management…

Un signe de vitalité du marché
Si certaines entreprises sont peu sensibles à cette situation, elles le sont davantage pour les pertes financières qui y sont associées : perte de productivité, coût du renouvellement, du processus d’embauche et d’intégration… En tout cas, un fort taux de turn-over peut obliger les entreprises à revoir leur système de management.
Mais il n’y a pas que du mauvais dans le turn-over. Selon Réda Taleb, DG à Officium Maroc, «c’est un signe de vitalité du marché». Et de continuer que «cela présente également plusieurs avantages comme l’amélioration de la diversité, la capacité à intégrer du sang neuf de manière régulière, le remplacement de certains collaborateurs par de meilleurs profils…». Le turn-over élevé est aussi un signe de vitalité d’un secteur ou d’une économie. L’arrivée d’un nouveau concurrent ou l’essor de l’activité peuvent accélérer la mobilité, si les compétences sont insuffisantes.