Le télétravail encore peu prisé au Maroc, malgré ses avantages : Avis de Abdelillah Jennane, Directeur de l’Institut des ressources humaines (IRH)

Au Maroc, la flexibilité met du temps à  être acceptée.

Au Maroc, il a toujours existé une forme de télétravail traditionnel. Les femmes travaillant à domicile comme dans les réseaux de vente directe ou encore les professions libérales, les délégués médicaux, le domaine de la presse…

Même actuellement, cette forme d’organisation permet aux commerciaux d’être plus souvent en clientèle, aux techniciens de maintenance d’intervenir sur leurs équipements à distance ou encore aux cadres dirigeants de rester en contact avec leurs équipes quand ils sont en voyage d’affaires. En raison de problèmes culturels, il y a des pays où le télétravail fonctionne beaucoup plus rapidement que dans d’autres.
Au Maroc, la flexibilité du travail met du temps à être acceptée. Preuve en est que le travail partiel est peu utilisé dans les entreprises. Même la notion de travail chez soi ou en dehors du lieu de travail a souvent une mauvaise connotation.

Pourtant, le télétravail apporte aujourd’hui aux entreprises une nouvelle façon de faire. Elles doivent dès aujourd’hui proposer à leurs collaborateurs une approche managériale et une infrastructure technologique leur permettant de travailler efficacement en dehors des locaux. Dans de nombreuses entreprises déjà, la présence au bureau n’est plus aussi significative qu’avant pour certains métiers : consultants, commerciaux, ingénieurs… Le télétravail apporte également une solution liée au problème de circulation dans les grandes villes.

Toutefois, ce mode de travail génère aussi des dysfonctionnements.  Certes, la technologie facilite la vie au jour le jour des managers. Mais il faut prêter attention à un autre aspect de la problématique: la proximité. En effet, la distance peut entraîner, au fil du temps, un faible degré de compréhension, de partage, de motivation collective, de cohérence et de performance d’une équipe.