Le secteur associatif vous tente ? Découvrez les opportunités de carrière

Le secteur associatif au Maroc est en plein essor depuis 2007 et il constitue un véritable gisement d’emplois.
Sa professionnalisation progressive lui impose de recruter des cadres qualifiés et compétents.
Il peut permettre de commencer une carrière ou de lui donner un second souffle.

Contrairement aux idées reçues, le secteur associatif ne fonctionne pas uniquement avec des bénévoles. Les besoins en personnel sont aujourd’hui considérables et c’est «un secteur qui tend à se professionnaliser», précise Nabila Tbeur, directrice des opérations de l’Institution nationale de solidarité avec les femmes en détresse (INSAF). Souvent, les budgets en jeu sont importants et les actions à mener diverses et compliquées. Par conséquent, il faut des personnes suffisamment bien formées pour gérer ou aider au fonctionnement des associations qui se créent en grand nombre depuis quelques années. Même s’il n’existe à ce jour aucune donnée suffisamment précise et fiable pour évaluer leur poids socio-économique, leur nombre est estimé à environ 40 000, toutes catégories confondues (fondations, organisations non gouvernementales, etc.). On estime aussi qu’en moyenne chaque association emploie cinq bénévoles, soit 200000 bénévoles au niveau national. Notons également que le Haut commissariat au plan (HCP) mène actuellement une enquête pour déterminer le poids économique des associations dans le PIB. Les résultats devraient être rendus publics d’ici la fin du premier semestre 2010.
Les pouvoirs publics ont  d’ailleurs souligné la nécessité de développer des ressources humaines qualifiées spécialisées dans l’action sociale et des compétences nationales en ingénierie sociale face à la diversité et à la complexité des besoins et des problématiques sociales rencontrées par le pays. Ils ont également contribué à appuyer l’action de plusieurs associations en reconnaissant leur utilité publique. Ce statut, dont bénéficient quelque 179 associations aujourd’hui, constitue une caution morale à leur activité vis-à-vis de bailleurs de fonds et de donateurs et leur permet d’accéder à des avantages fiscaux (déduction des dons par exemple) et de pouvoir bénéficier d’aides financières (appel à la générosité publique après autorisation).  Par ailleurs, les initiatives gouvernementales ont donné lieu en juin 2007 à la signature de deux conventions entre le ministère du développement social, de la famille et de la solidarité, le ministère de l’éducation nationale et le secrétariat d’Etat chargé de la formation professionnelle. Ces conventions ont permis de donner naissance à l’initiative nationale pour la formation de 10000 travailleurs sociaux à l’horizon 2012. Ce programme est censé venir répondre aux attentes des différents acteurs dans le domaine du travail social.

10 000 travailleurs sociaux à former à l’horizon 2012

A ce titre, les universités marocaines proposent depuis 2007 des filières qui permettent la formation de quelque 6400 lauréats à l’horizon 2012 pour des profils tels que agents de développement social, gestionnaires des établissements de protection sociale, assistantes sociales, éducateurs spécialisés, animateurs socioculturels, etc.
Il est indéniable que le secteur associatif constitue un véritable vivier d’opportunités tant pour les titulaires de diplômes de l’enseignement supérieur que pour des profils d’un niveau inférieur. Cela dit, le caractère social du secteur fait que, pour un même profil, le niveau des salaires proposés dans l’associatif est forcément bien inférieur à celui des entreprises privées, rappelle Nabila Tbeur.

Un secteur animé par des objectifs sociaux

En effet, le passage vers le secteur associatif est généralement perçu comme une expérience valorisante malgré un salaire moins avantageux. La grille des salaires est moins généreuse que dans le secteur privé, mais elle demeure néanmoins très variable selon les associations. De toute façon, il est possible d’y gagner correctement sa vie, tout en servant une bonne cause. A un certain niveau de taille, certaines associations n’ont même rien à envier aux entreprises privées en matière de motivation des ressources humaines.
«Au CJD, les salaires varient en fonction du profil, des missions confiées et du budget alloué par l’organisme partenaire», précise Driss Belkhayat,  président national du Centre des jeunes dirigeants Maroc (CJD).
Alors, quelles sont les raisons et les motivations qui ont poussé certains cadres à rejoindre le secteur associatif ? Quelles sont les opportunités professionnelles offertes aujourd’hui par les principales associations marocaines ? les profils recherchés? les salaires proposés?
Certains souhaitent donner un second souffle à leur carrière, lui donner plus de sens alors que pour d’autres il peut s’agir d’une véritable vocation.
S’investir dans le secteur associatif est «épanouissant car on est en accord avec ses principes, ses idées et ses rêves», souligne Adel Essaadani, directeur de l’Institut des métiers du spectacle, membre de l’Association Casamémoire.
 Des idéalistes ? Ou simplement des cadres qui veulent joindre l’utile à l’agréable ?
Une chose est sûre, en tout cas : travailler dans l’associatif nécessite forcément une fibre de militantisme, «une propension personnelle à vouloir changer le monde».

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Nabila TBEUR : Le secteur associatif au Maroc tend à se professionnaliser.
Béatrice BELOUBAD : Nous avons besoin de cadres généralistes et spécialisés.
Driss BELKHAYAT : Un salaire de 17 500 DH pour un manager de projet.
Témoignage de Omar SAADOUN  (INSAF).
Témoignage de Aziza ZIOU ZIOU  (Association Sherazade).
Témoignage de Adel ESSAADANI  (Association Casamémoire).
Témoignage de Younouss MANDIANG  (AMJCS).