Le premier salaire n’est jamais déterminant dans une carrière professionelle

Ne jamais aborder d’entrée la question du salaire. On peut estimer sa rémunération potentielle en enquêtant sur les salaires accordés aux promotions précédentes. Un débutant doit d’abord penser à  accroître son employabilité.

Les jeunes lauréats d’écoles ou universités n’ont pas de repères en ce qui concerne les pratiques salariales des entreprises, ce qui renforce encore plus leur hésitation à estimer leur salaire. Mohammed Benouarrek, DRH de Promamec, préconise d’estimer une rémunération potentielle en enquêtant sur les salaires accordés aux promotions précédentes tout en tenant compte de la renommée de l’établissement, la qualité des stages effectués, la spécialité, le secteur d’activité…

Beaucoup de jeunes ne savent pas aborder la question du salaire lors des premiers entretiens de recrutement. Quelles en sont les raisons ?

Le manque de référentiel pour comparaison est la principale raison à mon sens.  Beaucoup de jeunes qui souhaitent intégrer le monde du travail ne disposent pas de jalons pour décider de leurs prétentions salariales. Un salarié qui cherche à changer de poste ou d’entreprise prend son salaire existant comme base minimale en général. Ceci lui permet d’aborder la discussion en se référant à sa ligne indicative. Un débutant n’a pas d’indicateurs personnels précis.
Les jeunes lauréats d’écoles ou universités n’ont pas de repères, ce qui renforce encore plus leur hésitation. Des benchmarks exhaustifs concernant les salaires octroyés aux lauréats fraîchement diplômés des grandes écoles et universités par spécialités existent dans certains pays occidentaux mais, à ma connaissance, pas au Maroc.  
D’autres jeunes n’abordent pas la question du salaire car ils ne souhaitent pas faire fuir le recruteur par une proposition disproportionnée alors que, pour d’autres, cette hésitation émane essentiellement d’un manque de confiance en soi.

Quand faut-il parler salaire lors d’un entretien ?

A mon avis, il ne faudra pas être le premier à aborder la question du salaire. Ceci risque de laisser entendre que votre principale, et par extension, votre unique motivation est pécuniaire. La motivation intrinsèque est très souvent mieux valorisée par les recruteurs. Le contenu du poste, la renommée de l’entreprise, son secteur d’activité, le challenge de l’expérience sont tous des facteurs de motivation généralement appréciés lors des entretiens de recrutement. Ceci ne veut pas dire que le salaire n’est pas important. Le protocole veut tout simplement que l’employeur soit le premier à évoquer ce point.
Les jeunes lauréats des écoles ou universités peuvent généralement estimer leur rémunération potentielle en enquêtant sur les salaires accordés aux promotions qui les ont précédés. La renommée de l’établissement des études, la qualité des stages effectués, la spécialité, le secteur d’activité, sont tous des facteurs pouvant influencer leur positionnement initial dans le monde des salariés.

Certains font l’erreur de négocier un salaire net. Que faut-il faire ?

On peut négocier le salaire de base, les primes et tout autre rémunération variable… D’autres avantages tels que la voiture de fonction ou carte carburant restent inaccessibles pour la majorité des débutants. Pour métaphoriser, il faut savoir qu’il y a une «taxe d’entrée» au monde professionnel à payer. Il faut savoir commencer petit pour devenir grand. Autrement dit, le premier salaire n’est pas forcement déterminant pour le reste de la carrière.  
Le mieux est de s’inscrire dans une relation gagnant/gagnant et ne pas demander à tout-va un salaire hors contexte. Pour un jeune débutant, il faut faire en sorte d’accroître son employabilité et développer les compétences demandées par le marché. A travers la mobilité, il pourra augmenter son salaire.
Il ne faut pas oublier que le salaire est généralement faible au début. Même en cas d’augmentation, on ne négocie qu’une infime hausse. Autant négocier d’autres compléments de salaire.
Certains peuvent commencer avec des salaires relativement bas ou moyens et puis évoluer plus rapidement que d’autres ayant commencé avec des rémunérations assez élevées.

L’approche est quand même différente pour ceux qui ont déjà travaillé…

Il est évident qu’un candidat expérimenté, non seulement a un benchmark personnel qui est son salaire actuel, mais aussi une idée sur les salaires de ses amis et collègues au niveau du marché d’emploi. C’est un repère non négligeable qui sert comme base pour estimer une nouvelle prétention salariale dans le cadre d’un futur poste ou bien d’une nouvelle mission. Le challenge reste de mettre le curseur au bon niveau pour ne pas se surestimer ou bien se sous-estimer.