Le point de vue des deux parties sur la prise en charge du handicap

Tijania
birouk thepegnier
DRH d’Accor Maroc
«Nos hôtels sont conçus pour accueillir de
tels profils»

«Sur le plan continental, le groupe Accor renforce régulièrement son engagement en faveur des personnes handicapées grâce à sa politique volontariste en matière de diversité et de lutte contre toute sorte de discrimination. Chaque année, quelques personnes sont recrutées dans le cadre de l’insertion des personnes handicapées dans le monde du travail.

Au Maroc, nous comptons très peu de personnes au sein de notre effectif. Les métiers de l’hôtellerie sont généralement très physiques, ce qui peut décourager peut-être les candidats à choisir cette voie. Ceci dit, nos hôtels sont parfaitement conçus pour accueillir de tels profils. D’ailleurs, cela fait partie des standards de la marque. Mais, à ce jour, aucune politique concrète n’est encore mise en place. Ceci dit, une convention de partenariat est en cours avec l’Amicale marocaine des handicapés pour ouvrir davantage nos métiers aux personnes handicapées.»

Abdelhadi Boujar
Chef de la division réseau à l’Odep
«Il reste beaucoup à faire pour la prise en charge médicale»

« J’ai eu la poliomyélite dès mon jeune âge. Evidemment, ce handicap m’a posé quelques problèmes du point de vue professionnel. Par exemple, lors des entretiens d’embauche, j’avais moins de chances d’être retenu qu’un candidat normal à cause de mes béquilles. Je me souviens même que, lors d’un stage effectué à l’OCP, mon supérieur hiérarchique, qui n’était pas au courant de mon handicap, m’avait envoyé sur un gisement de la région de Khouribga. Or, les infrastructures n’étaient pas adéquates pour mes déplacements. On a dû alors me réaffecter vers un centre en ville.
Aujourd’hui, je n’ai pas de gros problème, et il n’y a pas d’aménagement particulier pour mon poste. Néanmoins, je m’organise pour travailler correctement. Je sais par exemple que pour les réunions régulières, je dois prendre tous mes dossiers importants pour éviter des allers-retours épuisants.
Par ailleurs, comme je m’occupe du parc informatique, je suis amené à me déplacer très souvent pour régler des problèmes de réseautage. Pour cela, je visite 3 à 5 personnes pendant la journée pour une petite inspection.

Les collaborateurs sont également sensibles à mon handicap. Ils évitent de me solliciter tout le temps. Pour certains problèmes informatiques, ils essaient de s’arranger avec leurs propres moyens et ne font appel à mes services qu’en dernier recours.
Ceci dit, il reste à faire sur le plan de la couverture médicale. Une personne handicapée n’est pas prise en charge correctement par la mutuelle.
Je porte un appareil spécifique assez coûteux et qui demande de l’entretien. Je dois par exemple le changer tous les 4 ou 5 ans. Or, il n’est remboursable qu’à une infime partie. Il en est de même pour les séances de rééducation. Chaque séance coûte 120 DH. Là aussi, la mutuelle ne rembourse qu’une faible partie du montant. Il faut savoir qu’à la longue un handicap moteur use le corps à cause des appareils. J’ai arrêté complètement les séances de rééducation pour m’adonner au sport. Je pratique souvent le tennis et le basket-ball.»