Le plaisir de travailler dans un domaine que l’on apprécie permet de surmonter l’excès de stress

Certains arrivent à  trouver leur équilibre même s’ils exercent dans des métiers connus pour être stressants.
Une pression est souvent due à  un malaise.
L’écoute est indispensable : un conseil ou une attention portés à  quelqu’un permettent notamment de réduire la pression.

De l’avis de la psychologue Ghita Mseffer, ceux qui travaillent dans le plaisir avec toutes les contraintes du monde arrivent à s’en sortir. Elle estime que tout est question de motivation.

Quelles sont les conséquences d’un rythme soutenu sur les individus ?

Il est difficile de généraliser. Le rapport de chaque individu avec son travail est différent. On remarque généralement deux cas de figure. Dans le premier, les individus éprouvent du plaisir à travailler dans un domaine qu’ils affectionnent, et ce, quels que soient les contraintes. Ils arrivent par conséquent à supporter cette cadence élevée. Toutefois, il peut y  avoir des conséquences négatives sur leur vie privée.
Il y a aussi la deuxième catégorie de personnes qui sont généralement en souffrance dans leur travail. Ils travaillent avec un sentiment d’obligation, éprouvent un désintérêt pour leur travail. Le fait  que cette crise se prolonge et que la démotivation s’installe pour de bon constitue un signal d’alarme à prendre au sérieux. Si l’on ne tente rien, le problème peut, à la longue, déborder sur la vie personnelle et empoisonner les relations avec les proches et collègues. Dans ces cas, que le rythme de travail soit soutenu ou pas, il engendre souvent souffrance, fatigue, maladies psychosomatiques…
La question n’est pas tant dans la charge du travail que dans la qualité. Sommes-nous dans le plaisir ou la tourmente ? Travailler à toute heure peut être stimulant dans le cas où on éprouve du plaisir.

Est-ce que les individus évoquent cette problématique en public ?

J’ai souvent remarqué que ce n’est pas forcément l’excès du travail qui dérange mais, plutôt, comme je l’ai souligné précédemment, le manque de motivation et de reconnaissance. Par exemple, les gens au placard vivent mal cette situation.

Comment maintenir un bon rythme de travail sans trop de pression ?
Il est important de maintenir un rythme cyclique, des périodes de tension qui sont à l’origine de la stimulation suivies d’autres périodes de relâchement.
Il faut constamment se remettre en question. Une pression est souvent à l’origine d’un malaise. Et, on constate bien souvent que les personnes acceptent une telle situation alors qu’il y a un choix à faire. Tout le monde fait face à des urgences ou à des imprévus par moments. Mais le problème se pose quand l’exception devient la règle.
On éprouve également une tension lorsqu’on fait face à une situation qu’on ne maîtrise pas. Là aussi, il y a problème quand la situation se répète dans le temps. Il faut peser le pour et le contre à chaque type de situation et y remédier. Mais on peut toujours accepter une situation douloureuse si elle reste meilleure qu’une autre.

Peut-on aussi parler de métiers ou de secteurs plus exposés au stress et à la tension permanente ?

Heureusement qu’il n’en existe pas, parce que c’est une problématique individuelle et d’organisation d’entreprise. Bien souvent, des personnes arrivent à trouver leur équilibre même si elles exercent dans des métiers soi-disant stressants. Je constate également lors des séminaires inter ou intra-entreprises que les individus ont besoin d’être écoutés. Parfois, un conseil ou une attention portés à leur égard changent bien des choses et cela permet notamment de décharger cette pression en eux.