Le Marché de l’emploi : Avis de Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh

pour ce qui est des salaires, il est clair que la tendance est à la stagnation, voire parfois à la baisse. Vu la rareté des opportunités, je pense que les salaires sont plus réalistes actuellement, contrairement à quelques années auparavant.

Essaid Bellal DG du cabinet Diorh
Essaid Bellal
DG du cabinet Diorh

Il est difficile de prétendre à une reprise du marché de l’emploi pour la rentrée pour la simple raison que beaucoup d’entreprises procèdent carrément à une fermeture pendant le mois d’août, un phénomène qui s’accentue d’année en année. Il faut attendre vers fin septembre-début octobre pour parler de reprise ou non.
Sinon pour le moment, l’année 2016 a été légèrement prolifique que l’année précédente.
Je répète assez souvent que les entreprises commencent à comprendre l’intérêt d’un recrutement professionnel et préfèrent recourir à des spécialistes en la matière alors que d’autres se cassent les dents pour des raisons de coût.
Nous pouvons constater d’ores et déjà que les métiers les plus demandés restent ceux liés à la fonction commerciale : responsable commercial, vendeur terrain, chef de vente, chargé d’affaires, ou liés à la finance.
La demande émane de tous les secteurs et porte sur tous les postes. Dans l’ensemble, cette fonction reste en tête en matière de recrutement.
Les candidats recherchés doivent au moins être titulaires d’un bac+2 ou plus, selon les postes et bénéficier d’une expérience de plus de deux ans.
Mais il est vrai aussi que les recruteurs sont devenus de plus en plus exigeants: en plus des compétences techniques, c’est l’expérience professionnelle dans le même domaine du poste à pourvoir, voire des qualités personnelles (adaptation, réactivité, autonomie, initiative, sens du résultat, esprit d’équipe, capacité à travailler en mode projet) qui sont recherchées. Mais c’est tout à fait normal car les besoins en recrutement sont de plus en plus précis, et l’employeur cherche à optimiser son recrutement par des profils immédiatement opérationnels. De plus, les temps d’adaptation aux postes sont de plus en plus réduits, et les exigences en termes de résultat de plus en plus élevées.
Autre phénomène plus ou moins appréciable, le traitement des candidatures dans les administrations publiques est de plus en plus transparent.
Parmi les autres faits marquants, je peux citer notamment la continuation de l’effort de recrutement par les grands investisseurs comme l’industrie automobile ou aéronautique, le secteur bancaire, les assureurs, l’industrie du câblage…, le reprofilage des compétences et le développement de la polyvalence des ressources humaines par les entreprises qui sont contraintes par des plans d’optimisation, le retour massif des diplômés marocains de l’étranger.

Enfin, pour ce qui est des salaires, il est clair que la tendance est à la stagnation, voire parfois à la baisse. Vu la rareté des opportunités, je pense que les salaires sont plus réalistes actuellement, contrairement à quelques années auparavant.