Le manager est par définition une personne qui gère une équipe dans un environnement qui bouge

Avis d’experts : Essaid Bellal, DG cabinet Diorh (conseil RH).

Pour progresser, un manager doit se poser des questions, c’est fondamental. Qu’il s’agisse de l’ambiance qui règne au sein de son équipe ou vis-à-vis de lui-même, ce dernier doit savoir se remettre en question, avoir l’humilité nécessaire qui lui permettra de s’améliorer mais aussi de désamorcer un conflit, etc. D’ailleurs, certains signes ne trompent pas. Dans le cas par exemple de démissions en chaîne, un manager ne doit pas hésiter à demander les raisons qui poussent les membres de son équipe à partir, mais également celles qui motivent ses collaborateurs toujours en poste. Si cela arrive de temps en temps, il n’y a rien d’alarmant. En revanche, la fréquence répétée des départs est plutôt un mauvais signe et cela est d’autant plus inquiétant si c’est l’attitude du manager qui est en cause. Ce dernier doit l’interpréter comme un signal d’alarme. En témoigne cet exemple parlant. Lors d’un séminaire sur le leadership, un cadre dirigeant m’a posé la question suivante : «Pourquoi parmi les 10 personnes qui composent mon équipe aucune n’est performante?». Je lui ai alors répondu : «C’est sans doute le 11e homme qui est à revoir».

Cet exemple illustre parfaitement la tendance de certains managers à ne pas se poser les bonnes questions. Ce sont parfois nos propres choix qui ne sont pas les bons, et nous en sommes entièrement responsables. Il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître. C’est pourquoi être manager, c’est aussi être capable de choisir les bonnes personnes avec lesquelles on travaille, leur accorder sa confiance, les faire grandir et aussi savoir se séparer d’eux. Le manager est par définition une personne qui gère une équipe dans un environnement qui bouge. Qu’il soit junior ou senior manager, il ne peut donc pas se contenter de se reposer uniquement sur ses acquis. Il doit être en veille permanente dans son domaine, ne pas hésiter à avoir recours à la formation, se documenter sur les techniques de motivation de son équipe, ou encore se rapprocher de cabinets spécialisés pour l’accompagner dans ses problématiques de management.

Pour moi, le postulat de base du management est le suivant : un manager doit se focaliser sur lui-même et non pas sur les autres. Il faut qu’il sache faire la part des choses et reconnaître ses défauts, tenir compte de ce qui lui est reproché, savoir se dire «le souci c’est peut-être moi et pas les autres». Mais, parfois, il arrive à certaines personnes qui ont atteint un niveau de responsabilités élevé, de se perdre, de rencontrer des problèmes de management. Il est donc essentiel de procéder par objectif, de définir les différentes étapes et d’établir son propre cahier des charges. Quand on encadre une équipe, et que l’on a l’impression de ne pas faire passer clairement un message à ses collaborateurs, la seule manière d’y arriver est, d’une part, de fixer des objectifs réalistes en fonction des personnes qui composent son équipe, et, d’autre part, de ne pas négliger la dimension individuelle. Il faut être à l’affût, utiliser ses cinq sens voire son sixième sens.

Généralement, quand les gens sont à l’aise, ils se livrent plus facilement. Savoir écouter est le meilleur des diagnostics. Un manager doit également être capable d’observer les changements. Au final, on pourrait dire qu’il n’existe pas de bon ou de mauvais manager.
Tout dépend de l’environnement et des individus. On peut être un excellent manager dans un environnement et très mauvais dans un autre.