Le leadership est collectif dans une association de masse

Abdelkhalek Benzekri, Trésorier adjoint et responsable des relations extérieures à  l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH).

Dans le domaine associatif, le leadership est forcément relié à la structure, au mode de fonctionnement de l’association et à la conception même qu’on s’en fait. Pour être plus concret, à l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), par exemple, nous avons une organisation de masse ; l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH), par contre, a une organisation élitiste. Ce sont deux structures dont la vision est totalement différente.
Une organisation de masse implique un maximum de gens pour adhérer à l’association, cela implique aussi une direction collégiale. C’est donc cette dernière qui exerce le leadership, contrairement à d’autres types d’organisations où le leadership est personnifié. Bien sûr, ce sont des personnes qui composent cette direction et ils doivent faire preuve de qualités déterminées pour assumer cette fonction, mais la gestion globale de l’association incombe au collégial.

En plus d’avoir un leadership qui s’exerce de manière collective, il faut avoir une ligne directrice, une boussole. Chose qui est très importante puisque sans elle l’organisation se confond et se perd. À l’AMDH, par exemple, c’est le référentiel international ; s’il y a un problème qui se pose, tout le monde le discute et chacun défend son point de vue mais sur la base du référentiel international. Bien sûr, on n’obtient pas toujours l’unanimité, mais on s’en rapproche.
Dans le domaine associatif caractérisé par l’absence de but lucratif, le leadership est également marqué par une prise de décision basée sur des principes, dans la plupart des cas, moraux ou éthiques. Malgré la hiérarchisation de l’association, chose très normale puisqu’elle est avant tout une organisation, le sommet est très proche de la base et respecté par cette dernière.

L’une des autres caractéristiques du leadership associatif est qu’il faut montrer l’exemple et avoir une logique d’action qui instaure une crédibilité. Quand on mobilise des personnes, il faut qu’elles puissent s’identifier à la cause qu’on défend, mais surtout qu’elles ne décèlent pas des divergences entre les principes édictés et les actions observées.

Je considère que trois qualités sont requises pour une pratique efficace du leadership au sein de l’association. Premièrement, la compétence dans le domaine du savoir technique spécifique à chaque association, notamment le volet juridique et le droit international pour l’AMDH.
Deuxièmement, la maîtrise de la méthodologie et des outils de travail puisqu’il ne suffit pas de maîtriser un savoir, mais plutôt de savoir le transmettre.
Enfin, il est indispensable d’avoir une attitude irréprochable et un comportement exemplaire. C’est ce que j’appellerais le savoir-être militant. On ne peut pas militer pour les droits de l’homme et battre sa femme par exemple.