Le dialogue social doit être permanent

Impliquer les partenaires sociaux quelles que soient les décisions à  prendre.
Respect du code du travail, respect d’autrui et respect de ses engagements : trois critères pour gagner la confiance des interlocuteurs.
Les bonnes relations peuvent être pérennisées indépendamment des personnes si les règles du dialogue sont formalisées.

Entretenir de bonnes relations avec ses partenaires sociaux est un travail permanent. Pour plus de formalisme, certaines entreprises mettent en place des chartes d’éthique appelées aussi chartes des relations professionnelles pour clarifier les droits et obligations de chaque partie ainsi que le périmètre d’intervention. Khalid Benghanem, DRH du groupe Altadis Maroc, donne son point de vue sur la manière de gérer ces relations.

Comment organisez-vous vos relations avec vos partenaires sociaux ?

Les relations avec les partenaires sociaux sont pour nous extrêmement importantes. Elles se basent sur les notions  de confiance, de transparence et de crédibilité. Il est clair qu’une telle situation ne se décrète pas du jour au lendemain, elle est le fruit d’une construction et d’une crédibilité qui s’acquiert de part et d’autre.
En fait, de bonnes relations sociales sont d’abord conditionnées par le respect des dispositions légales, des droits et obligations de chacun. Ensuite, il faut considérer les représentants des salariés comme de vrais partenaires.
 
Y a-t-il une période précise pour engager des négociations ?
Cela dépend des dossiers à traiter. En fait, le dialogue doit être permanent et devient facile dès lors que les dossiers sont bien préparés et qu’on anticipe avant que les problèmes ne surviennent. Quand on arrive à construire une relation de confiance, il ne faut jamais hésiter à partager avec les partenaires à temps, notamment au sein d’une instance comme le comité d’entreprise, quelle que soit la difficulté des décisions à prendre.
Vous aurez dans tous les cas une meilleure collaboration des partenaires sociaux quand ils sont impliqués dès le départ dans les dossiers car, en plus du respect lié à la transparence, leur assistance peut être certaine par la connaissance du terrain et l’anticipation d’éventuelles problémes.
 
Quels sont les sujets généralement abordés ?
Tous les sujets d’intérêt pour le personnel que la loi ou le statut confèrent aux représentants, mais même des sujets ayant trait à la vie de l’entreprise. Nous avons souvent invité des managers à venir exposer en comité d’entreprise la stratégie dans leur domaine de responsabilité.

Quel code de conduite faut-il adopter face aux partenaires sociaux ?
Les mots-clés sont pour moi : respect du code du travail, respect d’autrui et respect de ses engagements. Ces critères, conjugués à la rigueur, vous donnent de la crédibilité et vous permettent de bâtir de bonnes relations sociales.
Maintenant, en matière de code de conduite, les bonnes relations peuvent être pérennes indépendamment des personnes si les règles sont formalisées. A ce titre, je peux citer la charte des relations professionnelles qui a été construite avec les partenaires et qui permet de clarifier toutes les relations, les droits et obligations ainsi que le périmètre d’intervention des différentes parties (délégué du personnel, délégué syndical…).

Comment s’y prendre en cas de conflit ?
D’abord, il faut tout faire pour éviter le conflit. Mais si jamais il arrive, la solution ne peut venir que du dialogue dans la sérénité et le respect mutuel. Ce qu’il faut toujours avoir en tête, c’est que l’objectif doit être commun : performance de l’entreprise et développement de ses ressources humaines.