Le développement durable, un nouveau gisement d’emplois : Avis de Amine BENNOUNA, DG du cabinet d’études et de consulting spécialisé en énergétique renouvelable

«Il faut attendre encore deux à  trois années pour avoir une pépinière de profils spécialisés»

Istichar est un centre de ressources en ingénierie spécialisée en énergétique qui existe depuis 1999. Le centre ne travaille que dans le développement d’activité du secteur de l’énergie en relation avec le concept de développement durable.

Nous réalisons différentes études, notamment les études de faisabilité de projets basés sur de l’innovation technologique, technique,  technico-économique et financière d’installations énergétiques, le conseil en opportunité d’investissement énergétique, le conseil en isolation thermique (bâtiments, fours et chambres froides), le développement de logiciels liés aux systèmes énergétiques, l’accompagnement à la réalisation de systèmes à base géothermique ou «puits canadien» …

Pour éviter tout conflit d’intérêt, Istichar ne fournit pas de matériel et n’a pas de «fournisseurs attitrés».

Je dirais que les métiers liés au développement durable arrivent tout juste au Maroc et notre cabinet, avec ses 11 ans d’activité, est un pionnier. Il est encore très difficile de survivre au Maroc en s’appuyant uniquement sur ce genre d’activité.

Plusieurs types de compétences sont recherchés. Actuellement, l’ingénieur énergéticien est très sollicité dans notre domaine. La problématique énergétique que connaît le monde, mais aussi le Maroc, a poussé dans ce sens la prolifération de ce métier.

Le changement climatique et la pollution locale constituent deux défis à relever en énergétique. A titre d’exemple, les pompes (transport de l’eau potable et usée, d’irrigation, mais aussi de divers fluides pour l’industrie) représentent une bonne part de la consommation électrique mondiale.

On conçoit donc qu’il est de première importance pour l’ingénieur de réduire cette consommation. Il en va de même pour les autres procédés individuels ou industriels consommateurs ou producteurs d’énergie dont l’éolien qui connaît un développement considérable. Je pense que ce genre de métier doit pouvoir faire le mariage entre ses compétences techniques, financières et en économie de l’eau par exemple.

En ce qui concerne les formations dispensées au Maroc, j’ajouterais aussi qu’il est encore trop tôt pour évaluer les lauréats des écoles.

Actuellement, beaucoup d’écoles et d’universités ont intégré dans leur programme des cursus des métiers liés à l’eau et à l’environnement. Ces cursus pour la plupart d’entre eux sont encore récents. On a assisté depuis quelques années à l’accroissement des demandes d’accréditation pour des licences ou masters spécialisés dans l’énergie, développement durable, environnement…Il faut attendre encore deux à trois années pour avoir une pépinière de profils dans ce domaine.