Le chômage des diplômés est resté préoccupant en 2014

L’inadéquation entre la formation et les besoins des entreprises persiste.
.La relance du dialogue social, un sujet crucial en 2015.

Emploi, salaires, formation, climat social…, que faut-il retenir de l’année 2014 ? Sans aucun doute, la question de l’emploi est celle qui a beaucoup plus marqué les esprits et animé les débats.
Le chômage, tous secteurs confondus, n’a pas diminué et a beaucoup plus touché les diplômés, qui représentent 75% de la population active en chômage en milieu urbain. Le secteur de l’industrie y est pour quelque chose puisqu’il a enregistré le plus grand nombre de pertes d’emplois. Mais cette morosité est également expliquée par le manque de compétences. Malgré les efforts d’adaptation des écoles supérieures, publiques et privées, et des universités, les entreprises disent toujours avoir du mal à trouver les bons profils. C’est-à-dire des personnes qui ont la tête bien faite et directement opérationnelles.

Les salaires ont faiblement augmenté

Sur un autre registre, celui des salaires, on retiendra que la donne n’a pas beaucoup changé par rapport à 2013. Le taux d’augmentation moyen, tous secteurs confondus, n’a pas dépassé les 3%. «Cette moyenne cache une grande dispersion selon la nature des emplois (management, encadrement et non-cadres), le secteur (les banques ont été plus dynamiques), la région (Tanger devient plus attractive sur le plan des salaires) et le métier», explique Houcine Berbou, consultant associé au sein du cabinet LMS ORH.

L’année a été également marquée sur le plan social par la récurrence des conflits. Sur les neuf premiers mois de 2014, pas moins de 200 mouvements de grève ont été enregistrés, en hausse de 20% par rapport à la même période de l’année 2013. Sans aucun doute, le défi de cette année et des années à venir sera celui de la reprise du dialogue social, sans quoi il ne peut y avoir de progrès tangibles dans le secteur productif. Progrès pour les entreprises en termes de productivité et de  compétitivité. Progrès pour les salariés qui pourront bénéficier d’une meilleure répartition des fruits du travail. C’est au gouvernement de créer un cadre propice aux discussions mais il revient aux syndicats  et au patronat, pour ce qui est du privé, de faire preuve de  bonne volonté pour s’entendre, comme par exemple sur l’Indemmité de perte d’emploi (IPE).