Le bon profil au bon poste : pourquoi la Hollande fait mieux que les autres

En France, l’inadéquation des compétences coûte 3 milliards de dollars. Au Pays-Bas, zéro… Plusieurs raisons expliquent cette performance.

Trouver le profil qui convient parfaitement à une fiche de poste constitue un casse-tête sur lequel les recruteurs s’arrachent les cheveux au quotidien. Dans une récente étude intitulée «Adapt to survive», le cabinet PwC évalue à 150 milliards de dollars la perte mondiale que représente l’inadéquation entre les talents et les emplois. Ce coût s’explique d’abord par la perte de productivité qu’implique le fait de ne pas avoir les compétences nécessaires au bon endroit. Ensuite, par le surcoût d’un processus de recrutement plus long et qui peut aboutir à des départs rapides. Au Pays-Bas, le taux de démissions dans la première année est inférieur à 5% quand en Australie, à Singapour ou en Chine, il dépasse les 20%. En Chine, la facture dépasse les 80 milliards. En France, elle atteint 3 milliards. Au Pays-Bas, elle est nulle. Plusieurs raisons expliquent cette performance.

❚ Des collaborateurs plus souples

Les Hollandais paraissent particulièrement souples. Sur LinkedIn, ils affichent en moyenne 4,5 postes occupés au cours de leur carrière. En comparaison, les Français plafonnent à 4 et les Indiens à 2,7. Moins frileux que les autres, les Néerlandais ont en moyenne connu 2,5 employeurs dans leur carrière. 

❚ Un cadre réglementaire favorable

La mobilité professionnelle des Hollandais répond certainement à des traits culturels particuliers. Mais elle correspond aussi à un cadre réglementaire construit autour de la «flexi-sécurité». Cette approche consiste à alléger les contraintes réglementaires tout en encourageant les transitions professionnelles et la formation tout au long de la vie.

❚ Des recruteurs audacieux

Si les salariés néerlandais se montrent plus curieux dans leur mobilité afin de trouver le poste qui leur correspond, c’est aussi parce que les recruteurs y sont moins timorés qu’ailleurs. En témoigne, entre autres, la propension des Hollandais au changement de secteur d’activité. On n’observe nulle part d’ailleurs de tels mouvements entre branches. Pour trouver le candidat parfait, les recruteurs néerlandais n’hésitent pas à élargir leurs horizons. Les Allemands, à l’inverse, semblent cantonner leur carrière à une seule filière. Un trait distinctif qui pose rapidement problème lorsque le secteur en question commence à battre de l’aile…

❚ Une ouverture internationale

Il n’aura échappé à personne que les Néerlandais maîtrisent un peu mieux les langues étrangères que les Français. Sans évoquer les possibilités d’expatriation, être polyglotte dans son pays  permet de bénéficier d’une palette d’emplois plus large. Cela offre aussi une plus grande souplesse dans le choix de ses employeurs : passer d’un groupe local à une multinationale américaine pose certainement moins de problèmes à Amsterdam qu’à Paris.

❚ Des professionnels en veille

L’usage des réseaux socioprofessionnels témoigne de cette propension typiquement hollandaise à la mobilité. Le recours à un service comme LinkedIn y est deux fois plus important qu’en Chine, en Australie ou en France. Les responsables de l’enquête expliquent que la présence sur les réseaux socio-professionnels est un indice d’une certaine vigilance sur le marché du travail. Une partie des recrutements passe par des processus de cooptation ou de recommandation.
Téméraires, ouverts d’esprit et à l’affût de nouvelles opportunités, les Néerlandais ne sont pas par hasard les champions de l’adaptation des compétences au poste occupé. Alors, si vous rêvez de trouver le job qui vous convient parfaitement, pensez à prendre de la graine des Hollandais.