Le bon coach vous amène à  vous dévoiler

Sans une grande implication du coaché et une définition précise de ses objectifs, l’opération est vouée à l’échec.
Un futur coaché doit toujours s’informer aussi bien sur le parcours que sur les valeurs du coach avant de commencer les séances.

Tout le monde parle du coaching. Si cette pratique se propose d’aider les managers à développer leur potentiel, il est difficile de faire la part entre effet de mode et vrais besoins. Avant de l’entreprendre, il faut absolument s’assurer de sa nécessité et du professionnalisme du coach. Explications avec Mimoun Dkhissi, coach professionnel et DG de mi.moon Top Management.

La Vie éco : Depuis quand exercez-vous le métier de coach ?
Mimoun Dkhissi : Je l’ai exercé pendant une dizaine d’années à l’étranger auprès de multinationales. Ma première expérience au Maroc remonte au milieu des années 80. Au départ, l’objectif était d’accompagner une banque de la place dans tous ses changements : nom, organisation, informatisation… Pendant plus d’un an, j’ai observé le style de management des dirigeants et leur façon de gérer les situations. Je me suis rendu compte qu’il ne servait à rien de mettre en place des outils percutants si les personnes n’en faisaient pas bon usage. Le travail commence sur l’être humain et non sur les outils.

Qui fait généralement appel aux services d’un coach ?
Personnellement, j’ai toujours été approché par les grandes structures ou les managers qui ont la conviction que la croissance de leur entreprise passe d’abord par le développement personnel de leurs ressources humaines. En tout cas, il n’est pas clair d’envisager un coaching pour soi ou pour un de ses managers si on ne définit pas précisément ce qui ne va pas réellement. Il est question, avant tout, de savoir si cette solution est adaptée à l’environnement du travail et aux besoins du coaché. Par conséquent, il faut que l’intéressé définisse au préalable ses objectifs pour bénéficier du coaching le plus adapté à la situation.

Pour quelles raisons sollicite-t-on généralement un coach ?
Pour un développement personnel ou d’accompagnement dans une nouvelle mission. J’ajouterais également que les entreprises, surtout marocaines, font appel aux services des coachs principalement pour des raisons interpersonnelles ou managériales au sein de l’entreprise. Ce n’est pas le cas à l’étranger. Car les managers anticipent en amont les crises et préparent d’avance leurs collaborateurs avant qu’ils ne soient confrontés à des problèmes d’aptitude ou de comportement. Ici, on tarde toujours à réagir.
J’ai également connu des cas où des managers souhaitaient affirmer leur leadership au sein de leur société, de leur vie privée, de leur communauté…

Ce ne sont pas seulement les cadres du privé qui demandent de tels services, il y a aussi des personnages publics comme les ministres…
Le ministre vient avec une grande motivation, surtout parce qu’il a un gap à surmonter en matière de management et de communication. Chose à laquelle il n’est pas forcément préparé, contrairement au manager. Il faut dire que certains ministres ont évolué dans l’administration. Pour l’essentiel, ils n’étaient guère préparés au management et à la gestion proprement dite. Leur souci majeur était de développer leur style de leadership.

Il y a un point commun à toutes les opérations de coaching ?
Absolument ! Je dirais qu’au-delà de la volonté il doit y avoir de la motivation. En tant que coach, j’ai pour but de susciter cette motivation chez les autres parce qu’elle ne se décrète pas. On ne peut que les aider à la retrouver. C’est tout comme si vous emmenez un cheval à l’abreuvoir et qu’il n’a pas envie de boire. Votre rôle ne se limite pas à lui montrer le chemin, mais bien plus, à lui donner cette envie de boire. C’est là tout le rôle du coach.

A-t-on réellement besoin d’un tiers pour se (re)mettre en selle ?
Une personne coachée bénéficie avant tout d’un cadre neutre qui lui permet d’avoir une réflexion sur ses pratiques professionnelles, ses modes de management ainsi que les difficultés qu’elle peut rencontrer dans l’exercice de ses responsabilités. C’est aussi l’occasion pour elle de prendre du recul. Le coach ne joue que le rôle de miroir. J’ajouterais aussi que le succès croissant du coaching est loin d’être un simple effet de mode. Il se justifie tout simplement dans un environnement en changement perpétuel. Les managers ont besoin de repères et d’outils de navigation.

On peut toujours tomber sur un charlatan. Comment choisir le coach idéal ?
Le futur coaché doit toujours s’informer aussi bien sur le parcours que sur les valeurs du coach. Bien qu’il existe actuellement une pléthore de coachs sur la place, il n’y a pas mieux que le bouche à oreille. C’est ainsi que vous pouvez avoir une meilleure appréciation de votre futur coach. Il faut aussi savoir choisir le futur prestataire sur la base d’un entretien. A-t-il le sens de l’écoute ? de l’observation ? du questionnement ? … Un bon coach est celui qui sait poser les bonnes questions.

Que faire pour tirer un maximum de profit de l’opération ?
Il faut être exigeant vis-à-vis de soi et du coach. C’est aussi une question de feeling. Un coaching ne peut être efficace si le courant ne passe pas entre coach et coaché. Pour sa part, le coach a tout intérêt à interrompre les séances s’il remarque que le coaché ne se dévoile pas assez. Encore une fois, il ne s’agit pas d’amener la personne à suivre un coaching mais plutôt de lui donner envie d’aller de l’avant .

Mimoun DKhissi DG de Mi.Moon Top Management
Le coach a tout intérêt à interrompre les séances s’il remarque que le coaché ne se dévoile pas assez.