Le bénévolat réconcilie l’économique et le social

La Vie éco : Les cadres marocains manifestent-ils de l’intérêt pour le bénévolat ?
Ahmed Al Motamassik : Il faut d’abord souligner que le bénévolat est un engagement social gratuit, conduit, d’une manière autonome, par des acteurs agissant de leur propre initiative en vue d’apporter des solutions qui relèvent de l’action sociale.
Pour prendre acte de cette nouvelle réalité, on distingue trois temps : temps de travail, temps de loisir et temps social. Le travail bénévole relève de ce dernier.
Pour revenir à votre question, on peut dire qu’aujourd’hui, beaucoup de cadres, hommes et femmes, s’investissent dans les associations. C’est un phénomène lié à une prise de conscience qui s’est développée surtout à partir des années 90. Généralement, ce sont des cadres qui ont vécu un climat politique spécifique (fin des années 70 ) qui ont enclenché le mouvement. Par le bénévolat, ils véhiculent un certain nombre de valeurs comme l’entraide et l’implication dans le développement économique et social. Cette démarche va d’ailleurs dans le sens de la notion «d’entreprise citoyenne» qu’évoquent souvent les dirigeants de sociétés.

Qu’apporte le bénévolat ?
Il permet de trouver un certain équilibre entre le travail et la vie en dehors de l’entreprise. Certains y trouvent un moyen d’accomplissement autre que par le travail salarié. Le bénévolat permet aussi de donner une image positive de soi. Pour d’autres, c’est un moyen de défendre une cause.

Pensez-vous que l’entreprise encourage les cadres à s’investir ailleurs ?
A mon avis, ce n’est pas encore le cas au Maroc. Evidemment, elle s’investit dans le mécénat, mais de telles actions ne sont pas désintéressées. Elles lui permettent de soigner son image. Pourtant, les dirigeants doivent savoir que le bénévolat est important dans une perspective d’ouverture sur l’environnement, conjuguée avec une réconciliation entre l’économique et le social.
Pourquoi l’entreprise n’accorde-t-elle pas, par exemple, une demi journée par mois à des cadres qui veulent s’investir pour la collectivité ? Ce serait déjà un signe d’encouragement à ce genre d’engagement.