L’approche de l’Ecole d’ingénierie de l’UIC pour développer la culture d’entreprenariat

Ouverture d’esprit, sens de l’innovation et de la créativité, esprit critique, méthodologie, autonomie, aptitude à  travailler en équipe…, le projet «de la Conception à  la Réalisation» que l’Ecole d’ingénierie de l’UIC se propose de mettre en place vise à  doter le futur ingénieur de la culture d’entreprise. Il est conçu avec l’appui des plus grands groupes industriels du pays.

Si les entreprises reconnaissent en général la valeur scientifique et technique des lauréats des écoles d’ingénieurs marocaines, elles leur reprochent souvent certaines limites : formation insuffisante, parfois inexistante à la communication, à la méthodologie, à l’innovation, à la créativité, un esprit critique peu développé…
Une constatation d’ordre qualitatif renforce ces critiques : actuellement au Maroc, très peu d’ingénieurs ou assimilés s’investissent dans la création d’entreprises à leur sortie de l’école (moins de 3% contre 30% en Allemagne par exemple). Le fait que les ingénieurs marocains soient, jusqu’à présent, relativement à l’abri de problèmes de chômage n’explique qu’en partie le phénomène. Malgré les efforts des Ecoles d’ingénieurs à introduire dans leurs cursus des enseignements de langues, des différentes techniques d’expression, d’économie et de gestion, une formation plus poussée dans ces disciplines transversales s’avère donc de plus en plus nécessaire.
Mais ces qualités exigées par l’employeur, ainsi que la formation à l’entreprenariat, ne s’acquièrent pas uniquement dans une salle de cours devant des enseignants, quelle que soit leur compétence et leur qualité pédagogique par ailleurs.
S’inscrivant parfaitement dans l’esprit de la Charte nationale de l’éducation et de la formation et en parfaite symbiose avec la réforme de l’enseignement supérieur en cours, redynamisée et réactivée par le discours royal du 20 Août 2013, le projet «de la Conception à la Réalisation», que l’Ecole d’ingénierie de l’UIC se propose de mettre en place, vise à doter le futur ingénieur de la culture d’entreprise : ouverture d’esprit, sens de l’innovation et de la créativité, esprit critique, méthodologie, autonomie, aptitude à travailler en équipe…

Les partenaires du projet PCR

Monté avec l’appui des plus grands groupes industriels du pays, le projet «de la Conception à la Réalisation» bénéficie du soutien d’un large réseau de partenaires du monde socio-économique. Le PCR contribue donc à renforcer le partenariat Ecole d’ingénierie/entreprises, et ce, au plus grand bénéfice des étudiants et de leur insertion future dans le tissu économique national.

Projet «de la Conception à la Réalisation» et Création d’entreprises

Il est à préciser qu’il ne faut pas confondre le projet «de la Conception à la Réalisation» et «création d’entreprise». Il ne s’agit évidemment pas de vouloir faire de tout futur ingénieur un créateur d’entreprise. Cela serait utopique. Par contre, il est question ici de contribuer à le doter de l’esprit entrepreneurial dont l’entreprise qui l’emploiera a grandement besoin. Le projet «de la Conception à la Réalisation» englobe donc la création d’entreprise, mais ne se réduit pas à celle-ci.

Le projet «de la Conception à la Réalisation» conduit à une réalisation

Le projet «de la Conception à la Réalisation» permet au futur ingénieur de réaliser un projet dont il est porteur. Principal maître d’œuvre de son projet, il doit impérativement le mener jusqu’à la réalisation. Il s’agit donc d’un projet personnel, innovant qui donne l’occasion au futur ingénieur de parcourir toutes les phases d’un projet, quelle que soit sa nature: de l’idée ou la conception  jusqu’à la réalisation.
Il est à noter que  le projet «de la Conception à la Réalisation» est réalisé parallèlement aux activités pédagogiques et indépendamment de celles-ci. Il intervient donc à l’amont et pendant la formation des étudiants.

Diversité et ouverture par le biais du tutorat

L’objectif n’étant pas forcément ici l’acquisition de compétences scientifiques supplémentaires, les thèmes du projet «de la Conception à la Réalisation» sont très variés et très hétérogènes. Ils peuvent être à caractère scientifique et technique ou à caractère artistique et culturel comme ils peuvent concerner le domaine des loisirs et des sports. Les tuteurs peuvent donc être des ingénieurs et cadres des entreprises, des enseignants de l’Université ou des cadres des collectivités locales ou de l’administration ou du tissu associatif. On le voit à ce niveau déjà que le projet «de la Conception à la Réalisation» n’est pas exclusif à une école de formation d’ingénieurs mais qu’il s’agit d’un concept généralisable à tout établissement d’enseignement supérieur et même aux institutions dites de masse.

Synergie intra-Université et Université -Entreprise

Par ailleurs, les projets «de la Conception à la Réalisation» contribuent à créer des synergies en interne, entre étudiants, professeurs et administratifs mais surtout avec le milieu socio-économique : entreprises, administrations, collectivités locales et ONG. C’est donc une formule qui permet de renforcer la coopération Université/Monde socio-professionnel et devrait contribuer à une meilleure insertion des lauréats de l’Ecole d’ingénierie et de l’Université.

Origine du concept du projet «de la Conception à la Réalisation»

Une formule proche du projet «de la Conception à la Réalisation» est le projet «Acte d’Entreprendre», introduit en 1995 à l’Ecole des mines de Paris par son directeur des études de l’époque, Gilbert Frade. L’«Acte d’Entreprendre» est une incitation pour que les élèves de l’Ecole des mines prennent des initiatives et fassent des projets à risque. L’expérience a été testée au départ timidement sur un petit nombre d’élèves ingénieurs volontaires. Quelques années plus tard, elle a fait boule de neige. Non seulement elle s’est propagée mais l’obtention du diplôme de la prestigieuse Ecole des mines de Paris est actuellement conditionnée par la validation par l’étudiant de son projet «Acte d’Entreprendre».

Droit à l’échec

Une autre dimension du projet et non des moindres devrait retenir également notre attention : elle est relative au droit à l’échec. S’il y a des projets «de la Conception à la Réalisation» qui aboutissent à des créations d’entreprises performantes, il arrive que dans certains cas, les objectifs fixés ne soient pas atteints. Le droit à l’échec, qui est un des points forts de la culture anglo-saxonne, est donc reconnu ici et l’échec d’un PCR ne devrait pas handicaper de manière irréversible le futur ingénieur à condition que ce dernier ait fourni l’effort nécessaire, travaillé avec méthodologie et tenté de mobiliser des moyens humains et matériels. Le parcours d’un manager n’est pas fait que de succès. Un échec peut être riche en enseignements.
Il vaudrait mieux «essuyer un échec» en période de formation plutôt qu’en activité professionnelle.

PCR et incubateur : les deux faces de la même pièce

Une autre constatation vient conforter ce point de vue : il faut reconnaître que le nombre de dossiers de création d’entreprises présentés par des jeunes promoteurs reste cruellement faible. Seraient-ils à court d’idées, ces jeunes diplômés, dotés pourtant d’un savoir-faire et d’un bagage scientifique et technique appréciables ? Seraient-ils moins imaginatifs que les jeunes diplômés européens, nord-américains ou sud-coréens ? Certainement pas! Mais ceci prouve à l’évidence, au-delà des difficultés administratives et autres, à quel point est insuffisante la préparation des jeunes à s’investir dans la création d’entreprises et à quel point fait défaut l’assistance de ces jeunes en amont comme en  aval.
D’où l’idée de création d’incubateurs d’entreprises à proximité immédiate des centres de formation supérieure technique (écoles d’ingénieurs en particulier) et pourquoi pas au sein même de ces établissements ou au sein d’un groupe  d’établissements ? L’objectif étant de faire bénéficier le jeune promoteur des locaux, des équipements industriels coûteux ne fonctionnant en général qu’à temps partiel, de la concentration de compétences humaines, des fonds documentaires et des moyens informatiques dont disposent ces établissements. La combinaison de ces deux formules parfaitement complémentaires (PCR intervenant durant la formation et l’incubateur, intervenant en aval) devrait contribuer à promouvoir une petite et moyenne entreprise marocaine, performante, génératrice de richesses et créatrice d’emplois.  

Le Comité de pilotage et réalisation pratique des PCR
                      
Constitué de professeurs de l’UIC et de cadres du milieu socio-économique, le Comité de pilotage a pour rôle principal de superviser tous les projets «de la Conception à la Réalisation». Ses principales tâches sont les  suivantes :

  • Présenter annuellement aux nouveaux étudiants le projet «de la Conception à la Réalisation».   
  • Identifier, parmi les projets proposés par les étudiants, ceux à retenir et à encadrer.
  • Assurer le suivi et l’accompagnement des projets en cours de réalisation.
  • Organiser, à fréquence raisonnable, des rencontres de présentation de l’état d’avancement des projets en présence de tous les tuteurs.
  • Rechercher les tuteurs potentiels parmi les cadres et ingénieurs des entreprises, les cadres des collectivités   locales, ONG, administrations, et parmi les enseignants de l’Université.
  • Mobiliser la logistique nécessaire à  la réalisation pratique des projets.
  • Jouer le rôle de facilitateur des contacts entre étudiants porteurs de PCR, tuteurs et autres intervenants susceptibles de faire avancer les différents projets.
  • 2, 3 ou 4 étudiants (voire plus) peuvent se mettre ensemble et proposer un PCR commun.
  • Le PCR concerne essentiellement les étudiants du cycle ingénieur. Il peut s’étaler sur les trois années de formation. Sa durée minimale est de deux ans. Cette durée est déterminée p