La RSE est aussi une affaire de risques

Un discours incohérent sur la politique RSE présente des risques aussi bien pour la réputation, la cohésion du capital humain, l’efficience de l’organisation ou encore la sécurité juridique. La RSE reste une démarche efficace pour transformer les risques en performance.

Ce qui devait être un effet de mode au départ a fini par devenir une nécessité. C’est le constat observé lors d’un débat organisé par la Banque marocaine du commerce et de l’industrie (BMCI) sur la thématique de «la responsabilité sociale (RSE) : Effet de mode ou nouvelle façon de penser les risques et de créer de la richesse», le 24 octobre à Casablanca.

A  quelques semaines de la Cop22, les débats se multiplient sur les questions sociales, sociétales et environnementales. Il faut dire qu’on assiste de plus en plus à une prise de conscience d’un mode de management moderne basé sur la RSE.Même si au départ beaucoup d’entreprises l’ont fait par mimétisme, aujourd’hui plus que jamais, celles qui ont adopté la démarche tout en dépassant le discours ont compris son intérêt.

Selon Fouad Benseddik, directeur de Vigeo Maroc, agence de notation sociale, «la RSE ne peut plus être l’affaire de discours ou d’engagements affichés». Aujourd’hui, toute entreprise est scrutée dans ses faits et gestes que ce soit par les analystes financiers, instances réglementaires et même l’opinion publique. De ce fait, elles ne peuvent pas mettre en avant des engagements sans pour autant les concrétiser sur le terrain. Car cela comporte des risques stratégiques aussi bien sur la réputation, la cohésion du capital humain, l’efficience de l’organisation ou encore la sécurité juridique. «Ce sont des risques qui représentent des conséquences non négligeables et surtout non assurables pour l’entreprise. Aujourd’hui, l’entreprise ne peut contrecarrer le coût que peut engendrer un déficit d’image ou encore un climat malsain de travail», ajoute M. Benseddik.

Un atout pour la fidélisation des équipes

La RSE reste une démarche efficace pour transformer les risques en performances et conduit les entreprises à prendre des engagements qui vont au-delà du respect de la loi. Elle s’appuie notamment sur des normes et des référentiels internationaux comme l’ISO 26000 qui constitue le cadre référentiel international sur la RSE. Parmi ses principes, figurent notamment la gouvernance de l’organisation (la transparence, la responsabilité de rendre compte et le dialogue avec les parties prenantes) ; les droits de l’homme ; les conditions et les relations de travail ; l’environnement ; les bonnes pratiques des affaires; les questions relatives aux consommateurs et l’engagement sociétal.

Pour sa part, Sana Benchekroun, DRH de Phone Group, filiale du groupe Saham, souligne que la démarche représente une bonne alternative contre le turn-over. «Le secteur de la relation client reste malheureusement peu attractif auprès des jeunes. Par conséquent, mettre en place des actions de RSE permet notamment de les fidéliser», conclut-elle.