La RSE comme garant de la performance globale des entreprises

Aujourd’hui, les entreprises sont de plus en plus dans une quête de performance selon une approche globale, à savoir environnementale, sociale et financière. La démache RSE doit être le fruit d’une co-construction avec les collaborateurs.

Un engagement fort en RSE (Responsabilité Sociale, Sociétale et Environnementale) peut-il contribuer à la performance globale de l’entreprise ? C’était la question centrale d’un débat organisé par l’association RSO Maroc autour du thème : «La RSE et la performance globale des entreprises».

En préambule, Aziz Derj, président de RSO Maroc, a tenu à rappeler qu’«il est important de concevoir la performance d’une entreprise selon une approche globale (environnementale, sociale et financière) dans un souci de pérennité».

Autrement dit, tout le monde s’accorde à dire qu’un savoir-être responsable des entreprises et surtout de leurs managers est de plus en plus important et permet de donner un sens à l’action individuelle. Les performances financières ne suffisent plus pour juger les performances de l’entreprise; les facteurs éthiques, sociaux et environnementaux doivent également être pris en considération.

Pour Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca, la RSE est un moyen de gérer les risques. «Une entreprise engagée dans la RSE est une entreprise plus performante parce qu’elle maitrise mieux les risques et donc protège mieux les actifs de ses actionnaires». Il avance que sous d’autres cieux, des mécanismes sont mis en place pour encourager davantage les initiatives sociales, sociétales et environnementales. Ainsi, 10 000 milliards de dollars de fonds sont alloués aux entreprises qui communiquent sur les dimensions environnementale, sociale et de gouvernance (ESG). «Au Maroc, un guide ESG vient d’être lancé pour aider les entreprises cotées à la Bourse à acquérir les outils pour un reporting plus global qui n’inclut pas que les données financières», a annoncé le DG de la Bourse de Casablanca.

«Le capital de l’entreprise, ce n’est pas seulement le capital financier. Il y a tous les autres aspects que nous gérons, le capital humain, le capital environnemental, le capital intellectuel et le capital social, qu’il faut faire fructifier», a ajouté Brahim Benjelloun-Touimi, administrateur directeur général exécutif du Groupe BMCE Bank.

La démarche RSE doit également être le fruit d’une co-construction avec les collaborateurs

Parmi les exemples qui ont réussi l’interaction entre performance économique et RSE, il y a celui du groupe Delassus à travers sa fondation Sanady. Pour sédentariser et motiver ses ouvriers dans les zones rurales, le groupe a organisé pour leurs enfants des cours de soutien scolaire gratuits. Aujourd’hui, son action ne se limite plus à son personnel, elle profite à tout son environnement immédiat. Plus de 4 000 enfants bénéficient ainsi de soutien scolaire. «Un modèle qui a, en peu de temps, confirmé sa résilience et sa réussite» a souligné Kacem Bennani-Smires, PDG de Delassus.

Il est également important de noter que la démarche est l’affaire de tous et non pas uniquement du staff managérial. «La démarche RSE doit également être le fruit d’une co-construction avec les collaborateurs, il s’agit d’un processus harmonisé et très rigoureux qui doit être partagé par tous», souligne Marcel Cobuz, administrateur directeur général de LafargeHolcim Maroc.

Enfin, Moulay Youssef Alaoui, PDG de Somadu, entreprise spécialisée dans la fourniture industrielle, n’a pas manqué de préciser que la PME n’est pas en reste.
«Bien que les actions peuvent être minimes, in fine, cela se traduit par la motivation, l’implication et la fidélisation des salariés, le développement d’un capital confiance bénéfique à l’image de l’entreprise, la fiabilisation des relations et des partenariats basés sur des valeurs…», conclut-il.