La psychologie et l’entreprise font-elles bon ménage ?

Les concepts issus de la psychologie prennent de plus en plus de place dans
les entreprises. Dans les pays industrialisés, les grandes entreprises mettent sur pied des services de soutien et d’accompagnement des salariés.

Intelligence émotionnelle, pensée positive, théories de l’engagement, de la motivation, stress, bien-être au travail, développement personnel…, jamais la littérature en matière de concepts issus de la psychologie n’a été aussi prolifique autant que ces dernières années. Dans certains pays européens, par exemple, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à mettre en place un service de soutien et d’accompagnement. C’est en quelque sorte un moyen de prévention complémentaire aux actions déjà mises en œuvre ; c’est aussi l’occasion pour une direction de rappeler sa volonté de veiller au bien-être de ses collaborateurs.  

Pour Slim Kabbaj, professeur de management et expert en entreprise et innovation, «la psychologie en entreprise est importante dans la mesure où elle permet de comprendre et ‘‘calibrer’’ les autres; d’être dans la bonne tonalité émotionnelle par rapport à ses équipes ; un comportement adapté ; une attitude constructive et une bonne communication interpersonnelle».

Un savoir-faire  de psychologue aide à faire les bons diagnostics

On est passé comme le dit Mustapha Sekkat, DG du cabinet Leadership RH, de la volonté d’adapter les hommes au travail à la volonté d’adapter le travail aux personnes.

Les managers ne doivent pas perdre de vue que l’empathie, la réflexion stratégique, la capacité à recadrer les problématiques selon différentes perspectives sont porteuses de valeur ajoutée. «C’est pourquoi, un savoir-faire de psychologue avec une intelligence adaptative aide à faire les bons diagnostics», souligne M. Kabbaj.

Forcément, tous les problèmes ne peuvent être résolus par la psychologie. «Le management participatif a autant sa place dans l’entreprise que le management directif», souligne pour sa part Mahdi Moatassime, DG du cabinet Emway. Et de poursuivre que «la mission d’un DRH ou même d’un manager est de plus en plus difficile car ils sont souvent partagés entre la quête de performances économiques et la prise de conscience d’un mode de management moderne basé sur la dimension humaine». Cependant, à trop vouloir humaniser les rapports, on risque de passer à côté du but. L’autre effet pervers est d’utiliser la psychologie pour déceler des faiblesses afin d’avoir une emprise sur un sujet. Trouver le juste milieu est donc indispensable.