La filière présente les mêmes atouts que les autres grandes écoles en matière d’employabilité

Chez Mundiapolis, deux voies sont proposées : la filière intégrée et la filière générale. La formation est ouverte à  tous types de baccalauréat. Le programme est orienté aussi bien vers les métiers de gouvernance d’entreprise que ceux de la diplomatie et du management public.

Y a-t-il un engouement pour la filière sciences-po au Maroc ?

Il va sans dire que l’engouement devrait s’installer rapidement chez la population estudiantine marocaine, à l’instar de ce qui se passe actuellement en France, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, notons que le Maroc va devoir relever de grands défis dans des chantiers comme celui de la régionalisation. Un tel projet ne peut se réaliser sans un plan global de formation des élites politiques où plusieurs acteurs universitaires et professionnels sont mobilisés. Le défi de ce genre de formation est qu’elles sont moins connues ou mal comprises au Maroc. Les étudiants marocains s’orientent traditionnellement vers les grandes écoles de commerce et d’ingénieurs, alors que le cursus sciences-po dispose des mêmes atouts que les parcours des grandes écoles en matière de sélectivité et d’employabilité mais avec un avantage important, celui de mettre l’accent sur le développement personnel qui confère à l’étudiant une véritable polyvalence. D’autre part, beaucoup croient, à tort, que la formation est exclusivement orientée vers des disciplines politiques pures et dures.Ce qui est faux. Le programme comprend certes des cours en économie politique et en droit constitutionnel, mais prépare aux métiers de gouvernance quel que soit le secteur d’activité et le type d’organisation (privée, publique ou ONG). Il comporte des cours de management, d’histoire, de culture générale, de relations internationales… Ainsi, le défi de ces formations est surtout d’ordre communicationnel. Nous devons absolument multiplier les efforts d’explication et de vulgarisation de ce genre de programmes. Par ailleurs, nous sommes appelés à renforcer l’intérêt de nos jeunes à la chose politique.

Vous avez lancé la filière de sciences-po en partenariat avec Sciences-Po Bordeaux. Quel est votre objectif ?

Nous avions plusieurs objectifs. En premier lieu, nous voulions offrir pour la première fois au Maroc un programme conjoint entre deux institutions, française et marocaine. Autrement dit, une formation que les deux partenaires ont développée en prenant en considération les besoins du Maroc. Il ne s’agit pas d’un diplôme délocalisé où le programme du partenaire étranger est offert par une institution marocaine, mais d’une conception qui allie les compétences de notre partenaire en sciences politiques et les nôtres en sciences de la gestion et qui répond aux attentes des administrations publiques et entreprises marocaines. En deuxième lieu, nous voulions offrir à nos étudiants une mobilité internationale annuelle avec un retour au Maroc à la fin de leur cursus à savoir la cinquième année pour compléter leur programme. Ainsi, nous nous assurons de leur insertion au Maroc et réduisons la problématique de la migration des élites. Une telle idée repose sur l’esprit de notre collaboration avec Sciences-Po Bordeaux et qui se caractérise par la volonté des deux côtés de former des lauréats pouvant contribuer au développement du Maroc.

Comment s’organise cette formation ?

La formation offre deux voies d’études : la filière intégrée et la filière générale. Le système des filières intégrées prévoit le recrutement des étudiants bacheliers français sur concours à l’échelle nationale française, organisé par Sciences-Po Bordeaux, et le recrutement des étudiants marocains sur concours, organisé à Mundiapolis avec l’appui du partenaire.
Les étudiants marocains ou africains retenus suivront une première année à Bordeaux, selon un programme convenu avec cet institut. En deuxième année, ils reviennent au Maroc, accompagnés des étudiants bordelais pour poursuivre le cursus, selon le programme de la filière à Mundiapolis et repartent en troisième année.
Cette formation offre aux étudiants plusieurs avantages. L’Institut d’études politiques (IEP) de Bordeaux appartient à la famille «Sciences-Po» qui rassemble, dans une logique de réseau et autour de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), plusieurs IEP dont Sciences-Po Paris. Il est classé 2e Sciences-Po de France, devant Grenoble, et 20e des grandes écoles de France toutes filières réunies.
Il faut aussi souligner que le programme que nous proposons est très sélectif. De plus, les étudiants marocains passent le même concours que les Français. Seuls les étudiants présentant des résultats exceptionnels et des aptitudes académiques hors-pair sont acceptés dans ce programme. Pour illustration, le taux de réussite de sciences pour Sciences-Po Bordeaux est de 6%. Par ailleurs, la marque distinctive du programme réside dans le principe de l’alternance annuelle entre les deux instituts.
Autre avantage, les étudiants peuvent préparer le concours des grandes écoles comme l’ENA France et poursuivre leurs études doctorales dans les plus grandes universités.
Outre la filière intégrée qui débouche sur le diplôme de l’IEP Bordeaux, doublé du diplôme Mundiapolis en Sciences-Politiques et du Master M2 de l’Université Montesquieu de Bordeaux, une autre filière de sciences politiques (générale) sera ouverte à un nombre plus large d’étudiants marocains et internationaux. Ceux-ci sont également recrutés sur concours pour effectuer un cursus quinquennal à Mundiapolis, dont une année d’échange à Bordeaux. Les études débouchent sur le diplôme Mundiapolis, visé par Sciences- Po et assorti du certificat d’études politiques de Sciences-Po Bordeaux.
Enfin, il est envisagé d’ouvrir des masters de Sciences-Po Bordeaux dans des spécialités proches de l’objectif académique de Mundiapolis. Les spécialités pressenties seraient Action publique et gouvernance territoriale (APGT) et Politique internationale (PI).

Quelles sont les voies d’accès pour cette filière ?

La formation est ouverte à tous types de bac (Bac ES, L, S, Bac+1, Bac marocain toutes séries). Toutefois, les élèves doivent présenter des résultats exceptionnels et passer trois épreuves écrites d’admissibilité :  une composition en français sur un thème d’actualité à partir d’un dossier comprenant un ou plusieurs documents, permettant de déceler les qualités de compréhension, de réflexion et de rédaction argumentée du candidat.
Ils passent également une épreuve d’histoire et géographie comportant une question de cours à traiter au choix parmi deux proposées, dans chacune des deux matières.
Il y a enfin l’épreuve d’anglais comportant des questions de compréhension sur un article tiré de la presse et une rédaction argumentée sur un sujet de société.
Par la suite, il y a une épreuve orale d’admission qui consiste en un entretien de 30 minutes devant un jury binational de trois personnes (dont une de Sciences-Po Bordeaux), portant sur la motivation du candidat, son intérêt pour les disciplines de la filière, ses objectifs personnels, ses expériences avec la France et le Maroc, ses réflexions sur les différences entre les deux systèmes politiques, ainsi que sur les sociétés, la géographie et l’histoire contemporaine des deux pays. Les places sont limitées à 20 étudiants dont 10 réservées aux étudiants marocains et autant aux Français.

Quels sont les débouchés ?

Les débouchés sont variés grâce aux contenus diversifiés qui permettent aux étudiants d’être polyvalents. On note l’acquisition d’une double compétence France/Maroc en économie, histoire, sciences politiques, sociologie, droit, relations internationales, etc., d’une méthodologie rigoureuse et efficace conférant des qualités d’argumentation, d’analyse critique, de synthèse et de charisme, le développement de la culture générale et le renforcement des compétences linguistiques (anglais, arabe, français). Ainsi, les étudiants peuvent accéder à 23 masters spécialisés de Sciences-Po Bordeaux ou faire un master spécialisé dans le domaine de la gestion (audit, communication, gestion stratégique, etc.) et avec  la possibilité de poursuivre un doctorat dans de grandes universités. Une telle démarche est intéressante dans la mesure où elle permet aux candidats d’adosser une spécialisation donnée à leur formation polyvalente. Les étudiants peuvent aussi préparer le concours des grandes écoles comme l’ENA France. Sur  le plan professionnel, le programme est orienté aussi bien vers les métiers de gouvernance d’entreprise que ceux de la diplomatie et du management public et gestion territoriale, ce qui permet aux diplômés de travailler aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public. Ainsi, les étudiants qui choisissent la formation Sciences-Po ont pour objectif de garder toutes les portes ouvertes devant eux aussi bien sur le plan académique que professionnel.

A quels métiers mènent la filière et quels sont les secteurs susceptibles d’être intéressés par les lauréats de  sciences-po ?

Comme on dit à Bordeaux, «le programme mène à tout à condition d’y entrer». Le programme est orienté aussi bien vers les métiers de gouvernance d’entreprise que ceux de la diplomatie et du management public et gestion territoriale, ce qui permet aux diplômés de travailler aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public.
Les étudiants peuvent se lancer dans des carrières de haut niveau dans le secteur privé et public, au Maroc et à l’international dans plusieurs secteurs d’activité : humanitaire, finances, commerce, journalisme, diplomatie, ressources humaines, expertise et conseil, éducation, santé, environnement, communication et marketing…
En France, 60 à 80% des lauréats de la filière travaillent dans le privé et le reste dans les administrations publiques, l’enseignement et la recherche. Une telle diversification des débouchés s’explique par le fait que les lauréats sont reconnus pour leurs capacités d’adaptation, d’analyse, de synthèse et de résolution de problèmes.

Faut-il des prédispositions particulières pour suivre cette filière ?

L’étudiant est appelé à développer une polyvalence sans se spécialiser au départ avec des cours magistraux offerts en alternance avec des conférences de méthodes (la marque distinctive de la formation), répondre aux exigences de professeurs de renom, performer lors des exposés et savoir argumenter. Il doit disposer d’une capacité de mémorisation importante pour développer sa culture générale, une grande motivation pour supporter la charge de travail et d’excellentes habiletés communicationnelles.