La délation, un danger pour l’entreprise

La délation est un phénomène courant dans les entreprises n Le délateur est souvent un petit profil en mal de compétences qui cherche à se protéger.

Dans certaines entreprises, être «mouchard» constitue presque une fonction à part entière. Dénoncer les retards répétitifs, le manque d’implication des collègues ou rapporter tout ce qui peut concerner le supérieur hiérarchique ou un quelconque collègue est chose courante, dans l’entreprise comme dans la société en général. N’importe qui peut être une balance. Mais en général, il s’agit d’un petit profil, en mal de compétences, qui trouve dans la délation un moyen d’avoir les bonnes grâces du patron, sans réelle contrepartie professionnelle, ou d’être plus proche de certains collègues dont il cherche amitié et protection en démolissant les autres par pure méchanceté. Il arrive néanmoins que le récepteur soit lui-même à l’origine de la situation. En effet, si le délateur sévit en toute liberté, sans courir le risque d’être sanctionné ou réprimandé, c’est qu’il a l’oreille du patron.

A ce propos, d’aucuns estiment que c’est une méthode de veille qui permet d’avoir une emprise sur toute l’entreprise. Dans tous les cas, la délation est une démarche opportuniste qui donne droit à des privilèges. Malgré tout, n’a-t-on pas quelquefois un devoir de dénonciation/prévention ?

La délation encouragée est le symptôme d’un mauvais management

Plus précisément, ne doit-on pas pointer du doigt un collègue qui touche des pots de vin, pique les fournitures de bureau ou se débrouille pour se décharger sur les collègues ? Là, on ne parle plus de délation du fait que les conséquences ont un impact direct sur le fonctionnement de l’entreprise. Dénoncer  devient un acte responsable et ponctuel permettant de corriger des dysfonctionnements. Quand elle est encouragée, la délation est symptomatique d’une mauvaise gestion. Elle prolifère dans les environnements où la communication est inexistante et où la confiance fait défaut. Naturellement, il y a des personnes qui ne peuvent s’empêcher de se mêler de tout, de rapporter tout ce qu’elles entendent ou voient.    Ce sont les pipelettes «qui n’ont pas conscience de faire du mal», selon le sociologue Mohcine Benzakour. Elles n’en constituent pas moins un danger pour la stabilité de l’entreprise. Un management performant est peu enclin à toléger ce genre de personnalités et de pratiques.