Karim El Ibrahimi : « Beaucoup de C.V. sont du copier-coller »

Avis d’expert : Karim El Ibrahimi, DG du cabinet RMS Conseil

Généralement, nous recevons beaucoup de candidatures par mail. Pour moi, tous les CV se ressemblent : que du copier-coller, très peu de personnalisation ! Ceci dans la forme. Sinon dans le fond, il nous arrive de constater certaines incohérences au niveau des connaissances techniques et académiques.

Les falsifications portent en général sur des diplômes, les expériences professionnelles, la maîtrise de certaines compétences et le niveau de langue non conforme à ce qui figure sur le CV… La fraude peut aller  d’une simple tricherie à la falsification de documents. Le tout coule dans le sens du savoir et du savoir-faire. Or, ce sont deux aspects faciles à vérifier lors des entretiens techniques. Les questions probantes, techniques et pointues demandant des détails et des précisions aident énormément à repérer les falsificateurs.

Les moments d’hésitation, de doute, les pauses longues ainsi que les esquives sur des questions précises peuvent être des indicateurs pour ce type de fraude. Aussi, faut-il demander les copies certifiées et ne pas hésiter à contacter les écoles/universités mentionnées dans le cursus académique du candidat. Il ne faut pas non plus oublier de contacter les anciens employeurs (tout en informant le candidat) et enquêter sur les dates d’embauche et de départ, les titres et les attributions, le reporting hiérarchique et les raisons du départ.

En ce qui concerne les dates, on vérifie les informations du CV. Si les dates ne correspondent pas, le candidat sera quitte pour une question-piège en entretien. D’autres s’attribuent des missions, bidonnent le chiffre d’affaires ou le nombre de personnes qu’ils avaient à gérer. Parfois, ils sont incapables de justifier les informations pendant l’entretien.

Il faut également faire attention aux intitulés de postes qui sont parfois gonflés. Par exemple : une personne peut s’attribuer la fonction de directeur commercial alors qu’elle n’a même pas en charge une véritable structure commerciale.
Autre remarque au niveau des expériences, on retrouve les mêmes cas de stages, toujours effectués dans des banques. Je pense qu’il y a des efforts à faire au niveau des écoles pour que les étudiants puissent apprendre à mieux structurer leur CV.

Par exemple, un débutant doit mettre en exergue sa situation matrimoniale, son niveau de formation ainsi que sa situation professionnelle même s’il s’agit de stages, de jobs d’été ou d’autres activités socioprofessionnelles. Il faut être extrêmement précis, concis et attractif dans le contenu pour ne pas fatiguer le recruteur.