Karim El Ibrahimi : «Une bonne communication est une alternative au flicage»

Karim El Ibrahimi, DG du cabinet RMS Conseil

Il est clair qu’un employeur n’a aucunement le droit de s’immiscer dans la vie privée de ses employés pour satisfaire sa curiosité. Le contrôle n’est autorisé que pour quelques raisons principales. Premièrement, la protection des intérêts économiques, commerciaux et financiers de l’entreprise auxquels est attaché un caractère de confidentialité.

Deuxièmement, le contrôle peut être effectué pour la prévention de faits illicites ou diffamatoires. Par exemple, l’utilisation de la messagerie internet doit respecter certaines règles, à commencer par faire preuve de respect envers autrui, ne pas transmettre ou accepter des messages discriminatoires, diffamatoires ou obscènes.

Enfin, le contrôle peut être utilisé pour le bon fonctionnement du matériel de l’entreprise.
Beaucoup d’entreprises utilisent l’internet comme outil de travail. Cependant, l’utilisation qu’en font les salariés n’est pas toujours professionnelle. La loi est, pour l’instant, muette sur le système de contrôle.
Ceci dit, le code pénal punit par exemple la violation des correspondances privées. L’ouverture d’un courrier personnel est une atteinte à la vie privée du salarié. Pour cela, il faut que la caractère «privé et personnel» de la correspondance soit apparent.
Je pense que chacun a une responsabilité au sein de l’entreprise. En principe, un manager doit respecter la vie privée de ses salariés et ne peut attenter aux droits des personnes et aux libertés individuelles dans l’entreprise. Il peut mettre en place des systèmes de contrôle pour limiter les abus, à condition d’en informer le personnel. Pour cela, il faut aussi qu’il s’entoure des précautions légales et juridiques. Souvent, une bonne communication est une alternative au flicage. Le manager peut accepter un usage modéré des nouvelles technologies et du téléphone, à condition d’en communiquer.

De son côté, le salarié est engagé par le contrat de travail de donner une prestation professionnelle. Tout abus peut être répréhensible. Par exemple, les visites de sites à caractère érotique et la diffusion des images peuvent être assimilées à la débauche, et, par conséquent, condamnables devant la loi.
Les gens qui abusent du système le font avec ou sans surveillance, c’est pourquoi il faut responsabiliser, créer un esprit d’équipe sans pour autant aller dans la surveillance.