Karim El Ibrahimi : «Le mal-être trouve son origine principalement dans deux facteurs : le manque d’organisation et les mauvais rapports sociaux»

En ce qui concerne les solutions, il n’y a pas de recette miracle. Tout repose sur la communication. Un manager ne doit pas laisser la situation pourrir. A force de laisser les gens encaisser les coups, ça se retourne contre lui.

Le mal-être trouve son origine principalement dans deux facteurs : le manque d’organisation et les mauvais rapports sociaux.
J’ai vécu une expérience de ce genre puisqu’une personne qui était dans une période de départ a tout fait pour envenimer les relations au sein de l’équipe, en divulguant de fausses informations sur une pseudo mauvaise santé financière de l’entreprise et bien d’autres ragots.  

Heureusement, elle n’a pas réussi car j’ai pu rassurer l’équipe en toute transparence. Bien plus, j’ai pu distribuer des primes à l’occasion de l’Aïd afin de calmer les esprits. Depuis, tout est redevenu normal.
C’est l’entreprise qui peut être le grand perdant dans l’histoire si le management n’agit pas en temps voulu.
Il faut toutefois reconnaître que le mal-être psychologique est un phénomène réel dans l’entreprise. Quand quelqu’un souffre dans son travail, on pense toujours que quelques jours de congé lui suffiront pour retrouver la forme, ou qu’il n’en fait qu’à sa tête… On oublie que l’être humain n’est pas simplement qu’un corps, mais aussi un esprit, un mental, qui, de en temps, veut un peu de répit ou un environnement plus accueillant. Quelqu’un qui change de comportement  entrant dans une voie de déstabilisation peut, à terme, être très dangereux aussi bien pour lui que pour son organisation.
Il faut reconnaître ce phénomène et savoir le traiter parce qu’il constitue un signal d’alarme.

En ce qui concerne les solutions, il n’y a pas de recette miracle. Tout repose sur la communication. Un manager ne doit pas laisser la situation pourrir. A force de laisser les gens encaisser les coups, ça se retourne contre lui. Quand le climat est malsain et que les gens pensent à quitter le navire, il est déjà trop tard pour restaurer l’ordre.
In fine, c’est l’entreprise qui en pâtira.
Bref, on ne peut constamment pomper l’énergie des autres sans en subir les conséquences.
Je pense que l’une des actions clés que les entreprises doivent mettre en place est bel et bien les enquêtes de climat social qui permettent de mettre en évidence les forces et les points de vigilance telles que perçues par le personnel, de mesurer l’efficacité de la politique de gestion des ressources humaines, de détecter les sources de satisfaction et les causes d’insatisfaction éventuelles… et donc, quelque part, c’est appréhender des facteurs parfois latents, difficilement mesurables par le management au quotidien.