«Je ne sais pas mentir comme mes collègues !»

Mon problème est très simple : je suis trop honnête, et dans mon entreprise ça n’est vraiment pas une qualité. Ils préfèrent les gens qui mentent au sujet des vrais chiffres, surtout pour ne pas apporter de mauvaises nouvelles. On doit dire que tout va bien, que tout est dans les budgets et les délais, qu’aucun retard n’a été accusé. Et surtout ne pas pointer du doigt les personnes qui ralentissent les projets !. Mais moi je veux justifier MON SALAIRE, alors je n’ai pas l’intention de me taire, mais la question : Est-ce que cela va servir à quelque chose ?

Que me conseillez-vous ?

Peut-on être trop honnête? Si c’était le cas, cela voudrait dire que nous pouvons donc être «un peu honnête», or, il n’y a pas de niveau en la matière. Aussi, vous n’êtes pas «trop honnête» mais vous êtes probablement «trop direct». Monsieur Carnegie disait qu’«on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre». Alors oui, restez honnête, mais apprenez à dire les choses, au bon moment, à la bonne personne et de la bonne manière. Et surtout ne cherchez pas à «mentir comme les autres» et continuer de vouloir «mériter votre salaire» !

Quand on veut formuler une critique (pour faire avancer un sujet précis) on ne vient pas armé de critiques, reproches ou emails à l’appui. Car c’est la meilleure manière de voir nos interlocuteurs littéralement fermer leurs écoutilles et surtout ouvrir la porte à la mauvaise foi.
Make it easy !
Aussi, si vous êtes «le méchant de la boîte» il est plus que probable que vous allez avoir du mal à vous faire des amis ! Et ce, même et surtout si vous êtes dans le vrai ! Car au fond, qu’est-ce qui compte le plus pour vous ? Dire les choses ou être ENTENDU ?

Or, vous en conviendrez, personne n’est enclin à écouter les arguments d’une personne qui nous critique en permanence et relève toutes nos défaillances, puisque, apparemment, la transparence et la communication directe ne sont pas vraiment de mise au sein de votre entreprise, il va vous falloir faire preuve de diplomatie et tact. Pour cela, des règles très simples :

– Soyez prêt à apporter les preuves de ce que vous avancez. Complimentez honnêtement et sincèrement… aussi !
– Apportez une solution pour régler ce dysfonctionnement et incluez la personne dans cette SOLUTION. Ayez la mémoire courte sur certains sujets. Une fois que les choses seront réglées n’en reparlez pas comme un exemple du «vous voyez bien que j’ai toujours raison».

Et les autres ? Et vous ?

Je ne peux pas croire que vous soyez le seul au sein de votre entreprise à vouloir que les choses avancent dans la transparence. Aussi, écoutez TOUS vos collègues et faites-le dans un prisme constructif et vous serez surpris de voir combien votre état d’esprit est partagé avec eux. Vous n’êtes donc pas seul, en fait vous n’êtes pas LE SEUL ! Alors, commencez à construire votre réseau interne et à travailler activement avec ceux qui, comme vous, cherchent avant tout à travailler. Enfin, s’il est parfois facile d’émettre une critique, il est plus souvent ardu de les «encaisser». Aussi, si nous parlions un peu de vous ? Comment réagissez-vous quand vous aussi (nul n’est parfait) vous montrez quelques signes de défaillance ? Laissons le mot de la fin à Erwin Leo Himmel, l’un des plus grands designers automobiles : «Personne n’est devenu fort en montrant comment une autre personne est faible».

A vous de jouer !