Je m’énerve quand une erreur est commise !

Lors d’un entretien avec mon supérieur, ce dernier m’a reproché le fait que je ne savais pas gérer la «non performance». En gros, il me reproche mon agressivité en cas d’erreurs de la part de mes collaborateurs. Mais bon, c’est bien joli à  dire, mais comment rester calme devant une erreur qui se répercute sur tout le travail ?! De plus il faut bien être ferme de temps en temps, non ? Et puis chacun doit prendre ses responsabilités. Après tout, si quelqu’un commet une erreur il doit l’assumer !
Que me conseillez-vous ?

G.K., Casablanca

En tant que managers nous nous devons de gérer aussi bien les qualités que les défauts de nos équipes ! Et devinez quelle est la partie la plus complexe ?
Aussi, ne considérez pas une erreur comme… une erreur inadmissible mais bien comme une partie de votre travail.

Votre  colère  est-elle bien raisonnable ?

Et surtout, est-elle utile ? J’aime beaucoup cette définition de la folie de Monsieur Einstein : «Vouloir obtenir des résultats différents en faisant toujours la même chose de la même façon». D’après-vous, est-ce que le fait d’avoir une réaction exagérée en cas d’erreur est UTILE à la communauté ? Cette colère donne-t-elle des résultats ? Grâce à cette colère avez-vous pu éradiquer les erreurs au sein de votre équipe ?
Une dernière question, quand avez-vous observé une personne en colère pour la dernière fois : qu’en avez-vous pensé ? Vous êtes-vous dit : «voilà une personne courageuse, professionnelle» ou plutôt «un manager ne devrait pas réagir de la sorte» ? Prenez garde à décrédibiliser beaucoup plus VOTRE image de manager que celle du collaborateur défaillant lorsque vous vous énerverez la prochaine fois.
Une erreur est certainement un événement dans notre journée que nous aurions préféré éviter. Mais, pouvons-nous résumer cette erreur à cela ? N’est-ce pas aussi une formidable opportunité pour le manager de coacher son collaborateur sur un axe bien identifié ? N’est-ce pas également une manière de démontrer à votre collaborateur que l’erreur est possible ?
En agissant de façon plus mesurée, vous ne paraîtrez pas faible, vous n’encouragerez pas les erreurs, bien au contraire. Vous bâtirez une équipe qui élargira de jour en jour sa zone de confort, se sentira en confiance et cherchera à donner le meilleur d’elle-même !

Solidarité

Quelle piètre image que celle du manager qui se désolidarise de l’erreur de son collaborateur défaillant ! C’est ce qui est arrivé à cette personne : «C’est vrai nous avions fait une énorme erreur d’évaluation en termes de temps sur un projet et nous faisions d’ailleurs tout pour y remédier, travaillant quasiment 18h par jour, mais lorsque notre manager nous a désavoués face au DG en indiquant que lui n’était en rien responsable de ces retards et que la faute nous en incombait, nous avons tous été réellement déçus. A ce moment-là, le DG lui a répondu qu’il était le seul responsable en tant que manager de cette équipe».
Vous le voyez, traiter une erreur est un métier, un métier de manager.

Votre taux d’attractivité

C’est la loi «gravitationnelle d’entreprise» : plus nous montons les échelons et plus la vue est belle tandis que l’oxygène se raréfie. Aussi, lorsqu’un manager n’est pas capable de maîtriser ses émotions et de gérer les non-performances de ses équipes, la direction le place en dernier sur la liste des promotions. En effet, un dirigeant d’entreprise évitera d’accorder plus de responsabilités à une personne qui ne sait pas gérer des problèmes quotidiens comme la résolution d’erreur. Elle hésitera d’autant plus que «sa réputation de dur» sera faite et risquerait de compromettre des projets plus grands s’il en venait à devoir occuper une fonction plus importante avec une équipe plus élargie. Aussi, nous parlons beaucoup du «taux d’attractivité des entreprises» qui représente sa capacité à attirer des «talents». Mais ce taux est la somme des taux enregistrés par chaque manager de cette entreprise. Aussi, veillez à faire en sorte d’y contribuer positivement !

A vous de jouer !