Jamal Amrani : La mobilité est d’abord un projet familial

Avis d’expert : Jamal Amrani, DG du cabinet JADH

Traditionnellement, les Marocains ne sont pas mobiles.  Ils préfèrent garder leurs habitudes, leur quartier, leurs voisins… C’est un signe de sociabilité.
Mais durant ces dernières années, on a assisté au développement de villes, de régions…De ce fait, nous avons une nouvelle génération de cadres qui profitent de ces opportunités pour mieux booster leur carrière. Dans l’ensemble, je pense que la mobilité est mieux acceptée quand elle est gérée de manière professionnelle.
L’accompagnement est toujours de mise dans les grandes entreprises. Cela passe notamment par une augmentation du salaire, des indemnités, l’octroi d’un logement et une participation aux frais de scolarité des enfants. Tout dépend des négociations entre les parties. Parfois, on peut y intégrer d’autres avantages comme la voiture de fonction ou la «relocalisation» du conjoint, un point qui contribue à la réussite d’une mobilité.
Je m’en rappelle, quand j’occupais le poste de DRH au sein d’Accor Maroc, la mobilité
géographique était -elle l’est toujours- une démarche importante et nécessaire pour tous les collaborateurs du groupe.
Par conséquent, pour mieux l’encourager, le groupe avait développé une panoplie d’outils, notamment un guide de la mobilité ou encore un site web qui recensait toutes les demandes et offres possibles de mutation. Elles peuvent concerner aussi bien le marché intérieur qu’extérieur.
C’était une façon de rassurer les intéressés sur un certain nombre de conditions.
On s’était rendu compte que cette mobilité a constitué un véritable outil de développement de carrière dans plusieurs cas. Des agents de maîtrise ou chefs de services sont passés au grade de directeur d’établissement grâce à leur nouvelle expérience et les opportunités de responsabilité qui se sont présentées à eux.
Surtout quand il s’agissait d’aller dans une autre ville car la mobilité au sein d’une même ville était moins réduite.
Dans tous les cas, pour que le projet de mobilité réussisse, il faut faire attention à deux paramètres.
Le premier est que la mobilité est d’abord un projet de famille. Il faut que la personne s’assure que cette opportunité ne va pas gâcher sa vie familiale.
Enfin, un cadre peut toujours refuser la mobilité. Mais, le plus souvent, il appauvrit ses chances de promotion. Il ne faut pas oublier que l’entreprise a besoin aujourd’hui d’un management flexible. Si elle doit disposer d’une compétence à Tanger ou  Fès par exemple, il est certain qu’elle va puiser en interne avant de se tourner vers le marché extérieur. Souvent aussi, la mobilité peut être perçue comme une punition, alors qu’elle est d’abord une promotion. Il est à ce titre important de bien négocier son transfert.