« J’ai un collaborateur qui me contredit tout le temps ! »

J’ai un collaborateur jeune qui est vraiment brillant et j’aime beaucoup son punch et les bonnes idées qu’il nous apporte.
Le seul problème est qu’il se permet de me contredire un peu trop souvent et parfois c’est vraiment gênant pour moi.
Que me conseillez-vous ?

Ah ces jeunes et leur franc-parler ! Mais où est donc passé ce bon vieux temps où la parole des plus anciens était respectée et jamais dénigrée ? Plus sérieusement, votre situation n’est peut-être pas agréable mais en même temps très riche en enseignements !
Vous avez de la chance !
Et je suis sérieuse ! Car le fait d’avoir dans son équipe un «contradicteur» est une excellente chose pour vous: cela vous permet de ne jamais rester positionné sur une idée -la vôtre- mais de pouvoir élargir votre champ de réflexion. Cela dénote aussi d’une véritable implication de la part de ce collaborateur : il tient tout autant que vous à ce que votre travail soit efficace, et cherche AVEC vous la meilleure des solutions. Après tout, c’est AUSSI pour cela que vous avez une équipe !

Donnez les règles

D’après des études récentes, un cerveau humain comporte 86 milliards de neurones : pourquoi vous priver de 86 milliards de neurones de plus ? La contradiction est une bonne chose (j’espère vous en avoir convaincue) mais il est vrai qu’au travail plus qu’ailleurs elle nécessite certaines règles afin d’être bien encadrée. Sa maladresse est probablement à mettre sur le compte de la jeunesse et à certaines spécificités de la génération Y notamment concernant le «type de respect» qu’ils devraient avoir pour un n°1. Aussi, donnez-lui simplement les règles : pas de contradiction en présence de personnes extérieures à l’équipe/l’entreprise, privilégier le dialogue en amont etc.

Mais, surtout, n’oubliez pas de lui dire que vous appréciez son implication et…ses idées mêmes et surtout parce qu’elles sont différentes des vôtres !

Vous et la contradiction

Maintenant la question est: pourquoi n’avez-vous pas PLUS de contradicteurs au sein de votre équipe ? Que se passerait-il avec ce collaborateur dans quelques années ? Rejoindrait-il le reste de votre équipe silencieuse approuvant chacune de vos idées ? Quel est votre niveau d’écoute ? D’acceptation de la critique ? De capacité de remise en question ? Comment comprenez-vous votre rôle et celui de vos collaborateurs : vous le «patron qui sait tout» et «eux des exécutants» ? Avez-vous déjà fait une erreur qui aurait pu être évitée si vous vous étiez concerté un peu plus avec votre équipe ? Vous arrive-t-il de vous sentir seul ?
Prenez un peu de temps pour réfléchir à ces questions… Car comme le disait Sir Winston Churchill : «La critique n’est peut-être pas agréable mais elle est nécessaire» n
A vous de jouer !