iPhone, iPad, Blackberry…, ces outils qui nous rendent « accros » au travail

Gain de temps, communication ciblée, travail à  distance…, les technologies de l’information sont devenues incontournables dans le monde professionnel. Le confort qu’elles apportent peut entraîner une dépendance nuisible à  la vie privée.

La dépendance numérique aurait les mêmes effets qu’une addiction à la cigarette ou l’alcool. Sérieux ! Le constat provient d’une étude britannique, réalisée auprès de 1 000 adeptes des technologies, âgés de 18 à 65 ans.
L’étude montre en clair que plus de la moitié des répondants affirme souffrir intérieurement lorsqu’ils étaient privés d’une connexion au réseau internet. 40% des sondés affirment également se sentir bien seuls quand ils sont incapables d’accéder au cyberespace, ressentant même comme un drame le fait de vivre débranché à 100% de la réalité numérique pendant au moins 24 heures.
Aujourd’hui, les technologies de l’information font en effet partie de notre quotidien. Que ce soit pour envoyer ou recevoir des messages, des vidéos ou des rapports, mettre en place des indicateurs de performance, enregistrer des informations, communiquer avec autrui…, on ne peut plus s’en passer. Il suffit de constater le nombre d’heures qu’on reste «scotché» devant le téléphone ou le petit écran.
«iPhone, iPad, Blackberry smartphone, réseaux sociaux…, ces outils technologiques de communication sont incroyablement entrés dans notre vie, au point qu’ils jouent aujourd’hui un rôle dominant dans notre façon de travailler et de communiquer», précise Selma Assari, consultante en communication.
Qu’est-ce qui caractérise en fin de compte cette dépendance ? L’accessibilité et la facilité d’usage en sont pour beaucoup. «Cela me permet d’optimiser la gestion de ma messagerie et synchroniser facilement mes données avec mon ordinateur», souligne Youssef Jermoumi, DG du cabinet Ip Expert. D’ailleurs, certains cadres et managers ne peuvent plus se déconnecter même pendant leur congé ou voyage.
Si pour le téléphone il est possible de contrôler le flux des appels et parfois se mettre en mode hors zone, la messagerie électronique est moins facile à gérer. La multiplication des solutions de mobilité tels que le Blackberry ou l’iPhone facilitent l’accès d’une manière instantanée à la messagerie. «Je ne peux plus me déconnecter. Avec mon Blackberry, je consulte toujours mes emails y compris pendant le week-end. Je suis en mode non-stop !», témoigne Zakaria Benaboud, expert-comptable.
Pour d’autres comme Siham, cadre dans une banque,  c’est parfois le caractère ludique de ces outils qui les rend indispensables. «Le plus grand atout de l’iPhone est l’accès à une multitude d’applications d’Apple store. Une mine d’or qui rend ce téléphone valable pour la communication professionnelle, mais aussi pour s’informer et se distraire. En effet, iTunes est une application qui permet de lire votre musique et vos vidéos numériques et synchronise votre contenu non seulement avec iphone, mais aussi avec votre iPod . C’est en plus un immense magasin dédié au divertissement ouvert 24 h/24 et 7j/7», souligne-t-elle.
Mais ces gadgets ne sont pas plaisants pour autant. Kamal Berrada, directeur commercial d’une franchise, considère que parfois l’usage de ces outils devient irritant. «Comme j’ai personnalisé les appels entrants de ma messagerie. Je sais parfois que telle sonnerie provient d’un tel client ou partenaire. Parfois, je peux recevoir des messages à 3h du matin, notamment des partenaires basés en Asie. Il faut y répondre, surtout s’il s’agit d’une urgence», dit-il.
Ces outils apportent donc du positif et parfois du négatif à leurs utilisateurs. Flexibilité, transparence, instantanéité ou encore travail à distance se révèlent des bénéfices à condition de savoir rester maître à bord, de réguler chaque point. Il faut apprendre à ne pas les subir pour que la vie professionnelle ne prenne pas le dessus sur la vie personnelle.

Activer l’option de message d’absence lors des vacances

«Il faut faire la distinction entre les outils de communication mis à notre disposition et l’usage que nous en faisons. Bien évidemment, il existe des situations exceptionnelles ou des métiers particuliers où il faut être constamment connecté ou à l’affût d’informations. Mais vivre de cette manière 24h/24, 7 j/7, est exagéré», confie Malgorzata Saadani, coach IFC et DG du cabinet ANC Communications.
Pour certains, la parade est déjà trouvée. «Pendant mes vacances, je continue de consulter bien sûr mais avec une démarche de filtrage. Si c’est nécessaire, je transfère les messages à mes collaborateurs surtout pour les cas d’assistance technique d’urgence», ajoute M. Benaboud.
Ainsi, la pression de la connectivité n’est plus technique mais comportementale. Aujourd’hui, chaque manager ou cadre développe une démarche propre pour gérer ces outils.
Par exemple, il est recommandé, avant de partir en vacances, d’activer l’option «réponse de message d’absence». Plus pratique encore, il est souhaitable de signaler à vos correspondants que vous ne pourrez pas lire leurs messages avant un certain temps, et ce, tout en veillant à donner les coordonnées d’une personne à contacter.
Cette option peut être activée à travers votre lecteur de messagerie (Outlook ou Lotus…). En cas d’utilisation de services mails gratuits (yahoo, hotmail ou Gmail…), la procédure d’activation est disponible généralement dans les rubriques «Options»ou «Préférences».
Ceci étant pour ce qui est de  la messagerie, il reste le téléphone. «Il faut savoir définir des règles précises concernant le téléphone portable. Le mieux est d’avoir le courage d’éteindre son téléphone en soirée et le week-end afin de couper réellement», conseille Selma Assari. Le téléphone ou l’internet ne sont que des outils de travail qui participent à l’amélioration des performances. Il revient juste à l’utilisateur de savoir comment s’en servir.