Injaz Al Maghrib : de jeunes entrepreneurs racontent leur vécu

Depuis le lancement de Smart Start, une cinquantaine de start-up ont bénéficié de l’accompagnement d’Injaz Al Maghrib. Financement, manque d’information, d’expérience, de disponibilité…, les problèmes auxquels sont confrontés les jeunes.

Il y a près de trois ans, Injaz Al Maghrib, association d’utilité publique, lançait son programme Smart Start. L’idée est simple: préparer les juniors entreprises à devenir de réelles entreprises à travers du mentorat et du coaching. Plusieurs projets  ont été retenus, entre autres, la production de produits cosmétiques, la conception de guide mobile touristique, la location de voitures B-to-B en ligne, la fabrication de poubelles et de conteneurs de tri de déchets ou encore la construction de dômes écologiques à usage touristique.…

Une fois créées, ces start-up ont l’opportunité de bénéficier de programmes d’accompagnement à la gestion d’entreprise des structures spécialisées dans l’incubation.

Trois ans après son lancement, M’hammed Abbad Andaloussi, président d’Injaz Al Maghrib, dresse un bilan positif. Ainsi, une cinquantaine d’entreprises sont aujourd’hui viables. Mais c’est surtout le fait de démystifier l’acte entrepreneurial et donner l’envie aux jeunes de faire de l’entreprenariat que le président de l’association met en avant. Car autant le dire, la création d’entreprise n’est pas de tout repos, que ce soit pour les jeunes ou les moins jeunes.

Lina El Yakhloufi est de ceux qui ont bénéficié des programmes d’Injaz Al Maghrib bien avant le lancement de Smart Start. Lorsqu’elle a créé son entreprise Youth Yell en 2010 avec d’autres lycéens, spécialisée dans la personnalisation et la communication par l’objet, elle faisait partie des plus jeunes entrepreneurs du Maroc à l’époque.

Parfois les études freinent l’aventure des jeunes

Aujourd’hui, elle ne regrette pas l’aventure. Selon elle, la principale difficulté n’a pas été dans le financement ou l’absence de soutien de partenaires aguerris mais dans le manque de «maturité» dans le milieu des affaires. «On nous jugeait trop jeunes pour ce milieu. Et il nous a fallu nous adapter, inciter les gens à travailler avec nous pour une première fois afin de nous tester», raconte-elle. Aujourd’hui, l’entreprise compte sept personnes.

Mais tout le monde n’a pas eu cette chance. C’est le cas de Jihanne Hammoucha, étudiante ingénieur, qui a dû abandonner son projet de transformation des déchets électroniques et électriques.Non pas pour cause de financement mais parce qu’elle devait faire un choix : terminer ses études ou se consacrer à temps plein à son entreprise comme l’exigeaient les investisseurs intéressés par l’affaire.

Comme quoi ce n’est pas toujours l’argent, souvent évoqué par les jeunes entrepreneurs comme facteur de blocage, qui  fait défaut.