Informatique, RH, finances…, le free-lance fait recette

Ils proposent des tarifs compétitifs par rapport aux cabinets.
L’irrégularité des revenus est un aléa avec lequel ils doivent
composer.
Gestion souple du temps de travail, absence de pesanteurs hiérarchiques,
il y a de multiples raisons au choix de ce statut.

Ils sont chargés de concevoir des systèmes d’information, d’effectuer des montages financiers ou des missions d’audit, d’établir des référentiels de compétences et bien d’autres choses. En fait, aucun domaine ou presque ne leur échappe et ils sont de plus en plus demandés. Qui sont-ils ? Ce sont les consultants indépendants. Ces travailleurs nomades sont de plus en plus sollicités par les entreprises pour des projets ponctuels, souvent des missions ne nécessitant pas la mise en place d’une structure dédiée. Compte tenu de leur statut, ils font forcément moins de tapage que les cabinets structurés qui ont pignon sur rue, mais ils ne sont pas moins performants. Consultant ? avez-vous dit. Dans l’imaginaire des affaires, on les voit, pour la plupart, comme des personnes qui se sont établies à leur propre compte après un revers de carrière. C’était peut-être vrai, il y a dix ou vingt ans, mais aujourd’hui beaucoup de compétences que l’on rencontre sur le marché ne sont pas que des «victimes» des restructurations ou des cadres d’un certain âge qui ont préféré opter pour la retraite anticipée. Il y a aussi ceux qui ont opté délibérément pour le statut d’indépendant et ce pour plusieurs raisons, notamment la liberté de gérer leur temps comme ils l’entendent. «Aujourd’hui, je peux travailler de chez moi grâce à Internet. Cela me permet d’être opérationnel en temps réel, même pour une entreprise du bout du monde», explique Jean Michel Mas, consultant en nouvelles technologies. Le refus de se plier aux contraintes parfois pesantes de la hiérarchie mais également la possibilité de gagner mieux que dans un emploi salarié sont d’autres facteurs qui incitent à opter pour le travail indépendant. «C’est un choix de vie appelé à se développer dans le sillage de l’introduction de la notion de flexibilité dans la gestion des entreprises», commente un expert en organisation du travail.
Etre consultant indépendant ? il n’y a pas de barrière insurmontable à l’entrée, du moins sur le plan administratif. Du point de vue légal et fiscal, un indépendant peut choisir de s’inscrire en tant qu’entrepreneur individuel assujetti à la patente et à l’IGR au taux de 44 %, ou créer une SARL (société anonyme à responsabilité limitée) à associé unique(voir page suivante). Sa réussite ne dépendra ensuite que de lui-même. Car c’est là la barrière sélective. Etre consultant suppose de disposer non seulement d’un bagage théorique, mais aussi et surtout pratique. Il faut en effet être en mesure à la fois de faire de la stratégie et de proposer un plan d’action. C’est dire qu’il lui faut de solides compétences dans son domaine ou plutôt SES DOMAINES. «Le consultant indépendant doit être en mesure de répondre aux différentes attentes de la clientèle et ce dans plusieurs domaines, faute de quoi il peut passer pour un incapable», note Abdelilah Sefrioui, consultant spécialisé en ressources humaines.

Un carnet d’adresses étoffé est indispensable
Outre la compétence, la disponibilité et les tarifs compétitifs (20% à 30 % moins cher que les cabinets) constituent des atouts majeurs. D’ailleurs, certains grands organismes comme Axa Assurances Maroc, Al Wataniya, BCP, ONDA, CNIA, Ubisoft Maroc, Société Générale et l’Odep, font appel à ces pompiers d’un genre particulier pour des missions très variées (mise en place de nouveau progiciel, formation interne ou études, gestion de trésorerie…).
Pour décrocher des marchés auprès de ces sociétés, il faut au préalable se faire un nom. Ce qui est difficile pour ceux qui ne disposent pas d’un carnet d’adresses étoffé. C’est là une autre barrière à l’entrée.

Jusqu’à 7 000 DH par jour
Bref, pour assurer ses arrières, il vaut mieux disposer d’appuis ou d’un petit portefeuille, sachant qu’aux avantages cités s’oppose un inconvénient de taille : l’irrégularité des revenus. Ainsi pour sortir indemnes des périodes creuses, il faudra avoir un solide mental et savoir bien gérer ses contraintes financières. En revanche, quand les affaires affluent, la différence avec un emploi salarié saute aux yeux. Les consultants sont peu locaces sur leurs ressources. Mais les différents recoupements que La Vie éco a entrepris permettent d’affirmer qu’une mission est facturée entre 3 000 et 7 000 DH par jour en fonction de sa nature et de sa durée. Un boulot qui rapporte… quand boulot il y a !
Toutefois, aujourd’hui, les indépendants de la place peuvent toujours compter sur le soutien d’un intermédiaire comme Freelance.com, une société qui sert de lien avec les entreprises. Cette société est d’ailleurs en pleine expansion : son chiffre d’affaires a littéralement explosé depuis son implantation au Maroc en 2000 et son portefeuille compte aujourd’hui 2 600 free-lances.
Alors, tentés ? Il faut mûrement réfléchir, bien définir son champ d’action et avoir une idée très claire sur ses capacités. Un bilan de compétences n’est pas de trop pour savoir ce que l’on vaut réellement