Ils ont eu affaire à  des chasseurs de têtes

Hatim K. Cadre financier dans une institution financière publique
«J’ai toujours fait confiance à un chasseur de têtes»
«C’est grâce à un chasseur de têtes que j’ai souvent changé d’emploi. Je considère qu’il a été efficace à plusieurs reprises. D’Ernst & Young au ministère des finances en passant par le Crédit du Maroc, il m’a toujours proposé des postes qui cadraient parfaitement avec mes attentes. Ceci dit, j’ai toujours attendu d’avoir envie de bouger pour donner suite à une sollicitation. Je ne suis pas opportuniste pour autant. Il faut savoir qu’une carrière bien balisée, des responsabilités importantes, une liberté d’action et un salaire à la hauteur de ses ambitions, un cadre de travail enchanteur… peuvent faire pousser des ailes à un cadre qui veut rapidement brûler les étapes. Mais, attention, l’herbe n’est pas verte partout. Il faut surtout se méfier quand le poste à pourvoir est libéré suite à une démission ou à un licenciement, les signes évidents d’une entreprise à problèmes. Ainsi, ceux qui foncent tête baissée sur une proposition alléchante risquent tout simplement de tomber dans un piège.»

Mohamed B. Cadre supérieur dans une société informatique
«Il faut bien se renseigner sur le poste à pourvoir»
«Je pense qu’un bon chasseur de têtes est celui qui sait analyser votre personnalité et vos motivations pour vous proposer le poste qui vous convient. J’ai eu affaire à l’un de ces recruteurs il y a plus de deux ans. A l’époque, je travaillais pour une société d’édition de logiciels informatiques. L’assistante du directeur du cabinet de recrutement m’avait contacté pour un poste de directeur chez un gros client. A priori, je n’étais pas réticent, n’ayant rien à perdre. En tout cas, je n’ai pas beaucoup hésité avant de franchir le pas. Une fois le rendez-vous pris, j’ai eu un entretien avec le chasseur de têtes, que je connaissais déjà. De ce fait, la conversation, qui a tourné autour de mon projet de carrière, de mes ambitions personnelles et, bien sûr, de mon avis sur la proposition, a été détendue. Il m’a aussi renseigné sur l’entreprise cliente (sans dévoiler son nom, bien évidemment), son secteur d’activité, sa taille, sans donner toutefois d’indications sur la nature du poste offert. C’est par la suite que j’ai su que l’entreprise n’avait pas d’idée précise (étendue des missions et des responsabilités) sur le poste en question du fait qu’il n’existait pas auparavant. Cela m’a desservi par la suite. Parce qu’après avoir intégré la nouvelle entité, j’ai eu du mal, au moins au départ, à connaître ma marge de manœuvre. Il faut donc y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans une aventure sans lendemain. Il faut notamment rester très prudent si votre chasseur reste dans le flou concernant le poste à pouvoir ou si, au contraire, il cherche à vous vendre un job à tout prix. Dans les deux cas, c’est mauvais signe.»

Amina M. Responsable RH
«Je garde le contact avec les chasseurs pour réfléchir davantage à ma carrière»
«J’ai toujours gardé de bons contacts avec quelques cabinets de recrutement qui ont l’habitude d’opérer par approche directe. D’ailleurs, j’ai déniché mon premier job par l’intermédiaire de l’un d’entre eux. C’est pourquoi je les appelle parfois, histoire de rester attentive au marché de l’emploi, aux bons postes à pourvoir… Il ne faut pas oublier que ce sont des professionnels, et donc ils vous font réfléchir sur votre métier, vos perspectives d’évolution et par conséquent votre carrière.»