Il y a abus dès que 3 à  4 absences flagrantes par mois sont constatées

Jamal Krim, DG du cabinet Reco Act

Il est vrai que depuis quelques années, on assiste à une recrudescence de l’absentéisme au sein des entreprises, notamment à Casablanca. Avec les embouteillages de plus en plus fréquents, les grèves dans les compagnies de transport, le stress de la circulation et j’en passe, certains employés perdent une demi-heure, voire jusqu’à une matinée de travail. Bien évidemment, il ne suffit pas d’invoquer les problèmes de transport pour justifier les absences. Quand elles sont répétées, les absences traduisent un malaise qui peut être dû à des conditions de travail défavorables, un climat de travail stressant et démotivant, des conflits bouillonnants, ou une démotivation d’ordre général. Cette démotivation peut être provoquée par une politique de rémunération mal étudiée, un style de management coercitif, des relations tendues entre la hiérarchie et les collaborateurs ou entre ces derniers eux-mêmes… Dans beaucoup de cas, le collaborateur use des absences en guise de revanche ou pour fuir les problèmes.
En général, il y a abus dès que 3 à 4 absences flagrantes par mois sont constatées. Cependant, les seuils d’alerte dépendent des situations.
Il y a lieu de noter que beaucoup de managers vont essayer de punir leurs collaborateurs sans se soucier des vraies causes déclenchant ce type de comportement. En effet, ils s’attaquent souvent aux symptômes et non aux causes du problème. Réagir face à un salarié qui multiplie les arrêts maladie demande à ce qu’on comprenne les motivations d’un tel comportement parce que, très souvent, on ne s’absente pas seulement pour le plaisir. En cas de maladie, la contre-visite a ses limites. Elle sert juste à constater si le motif invoqué est vrai ou pas. Des mesures plus efficaces peuvent être envisagées, selon la durée et la fréquence de ces absences. Pour comprendre et résoudre ce genre de problème, il convient donc de revoir le passé du ou des collaborateurs concernés, avant d’effectuer un traitement individualisé. Dès lors que le manager avise le collaborateur et essaie de résoudre la cause du malaise, celui-ci est tenu de se comporter d’une manière professionnelle.  
L’absentéisme est un problème qui doit être traité d’urgence parce que les conséquences sont néfastes pour l’organisation. Les absences répétées sapent le climat du travail et le professionnalisme, sans parler de la baisse de la productivité qu’elles induisent. Employé et entreprise, tout le monde y perd.