Il n’est pas conscient de son incompétence abyssale !

J’ai un collaborateur qui commence sérieusement à  me poser des problèmes. En effet, il semble absolument inconscient de son incompétence, et ce, sur plusieurs sujets !
Lorsque quelque chose ne fonctionne pas dans son travail, il arrive à  trouver des arguments exogènes sans problèmes mais ne sait pas du tout admettre que c’est lui qui, par son attitude et son extrême manque de rigueur (sans parler d’une maîtrise technique plus que médiocre), est la véritable cause du problème.
Il est en plus «très fier» et surtout susceptible, alors je me demande vraiment comment aborder le sujet avec lui !

Il semblerait bien que vous soyez fortement mécontente de ce collaborateur, maintenant si vous êtes sûre de ses manquements, il apparaît en effet plus qu’urgent de réagir.

Et vous ?

Depuis le temps, vous avez dû vous en rendre compte, ça ne date sûrement pas d’aujourd’hui…
En effet, il paraît fortement improbable que cette «incompétence» soit apparue subitement un jour…
Elle a dû probablement s’instaurer progressivement : on ne naît pas incompétent, on le devient !
Or, qu’avez-vous fait de votre côté pour arrêter «le massacre»…ou plutôt que n’avez-vous pas fait ?
En effet, si vous vous êtes contentée de fermer les yeux sur certains de ses manquements, voire pire, de l’évaluer très correctement d’année en année…, comment voulez-vous que ce collaborateur ait conscience de ses défaillances?
C’est un enseignement avant tout : n’attendez jamais qu’il soit -presque- trop tard pour réagir et agir. Alors, si vous pensez qu’il existe encore un espoir de redresser la barre, plongez-vous dans l’une des plus belles facettes du rôle d’un manager : le développement de sa zone de confort et de ses compétences !

Lui faire prendre conscience

S’il y a une chose de vraiment complexe dans un processus d’accompagnement, c’est bien d’amener notre collaborateur à prendre conscience de ses défaillances et des raisons de ces dernières. Il doit donc se responsabiliser et non se défausser sur «l’entreprise qui ne m’a jamais donné ma chance/fait confiance, qui ne m’a pas donné de formation, ou le très courant je n’ai pas eu de chance»… Car vous devez non seulement -et impérativement-l’amener à cette prise de conscience mais aussi qu’il soit convaincu de sa -large- part de responsabilité dans cette situation et le TOUT en évitant qu’il ne se sente pas découragé !
Une nouvelle fois, une jolie démonstration d’équilibrisme…, il vous faudra de la ténacité, de la perspicacité et beaucoup de délicatesse pour y arriver !

Une partition à quatre mains

Avant de pouvoir jouer une sonate de Schubert, on commence par les gammes !
Exercice fastidieux, long et pas vraiment «valorisant». Mais c’est l’étape obligée pour atteindre une magnifique harmonie.
Durant cette période, le «prof de piano», est AVEC «l’élève», il l’encourage, le motive et parfois le pousse «un peu plus» pour lui permettre de progresser : surtout durant la période où il n’est question QUE d’effort et pas encore de résultats visibles.
Alors, si vous voulez relever ce pari, armez-vous de patience, équipez-vous de respect et n’oubliez pas de vous parfumer avec une essence pure d’enthousiasme !