Il ne faut jamais perdre de vue la qualité de l’environnement de travail

Karim Slimani
cadre commercial
«Je saute sur l’occasion lorsque le cadre de travail est convenable»
«J’ai roulé ma bosse dans plusieurs entreprises. A chaque changement, j’augmentais mon salaire de 10 à 20 %. Généralement, je me méfie des propositions importantes. Je sais que derrière, il y a une lourde responsabilité à gérer ou un train de vie infernal à mener. Je n’aimerais pas travailler plus de 8 heures par jour, ni gâcher des week-ends dans mon bureau. J’ai une vie privée à préserver.
Idéalement, je souhaiterais avoir un bon salaire avec un rythme de vie normal. Dans la réalité, ça n’existe pas. Ceci dit, je ne cracherais pas sur une augmentation. Par exemple, lorsque je venais d’être embauché dans un grand groupe de distribution, je suis parvenu à négocier une commission sur les ventes. C’était dans le cadre d’un lancement d’une nouvelle gamme de produits cosmétiques pour hommes. J’ai réalisé un bon chiffre d’affaires durant l’année. Du coup, mon salaire a doublé durant cette période. L’année suivante, je suis passé chez le concurrent avec une augmentation de salaire de 20 %.»

Farid Slassi
directeur exécutif dans une société d’édition
«A partir de 30% d’augmentation je serais tenté»
«A partir de quel niveau d’augmentation de salaire pourrais-je changer de job? De manière basique, je pense qu’une variation de 30% me ferait réfléchir. Cela dit, je poserais aussi le problème en termes d’opportunité : que représenterait un changement de boulot pour mon avenir professionnel ? A mon âge, 33 ans, je pense qu’un changement ne peut se faire à la légère. Si le nouveau poste me permet de capitaliser sur mon expérience actuelle, je fonce. Si c’est un virage à prendre, un nouveau métier à exercer, je pense que j’hésiterais, même avec une augmentation de 30 %. Certes, s’il s’agit de doubler son salaire, la donne change du tout au tout, je prendrais juste la précaution, situation familiale oblige, de négocier à l’embauche des indemnités de départ.»

Salim A.
cadre dans une société de services informatiques
«Augmentation de 50%, ensuite salaire figé pendant longtemps»
«J’y réfléchirais à deux fois avant de faire mes cartons pour une autre entreprise, pour une simple question d’argent. Après avoir été courtisé pendant une année par une entreprise concurrente, j’ai fini par quitter mon emploi pour une augmentation de 50 %, avec une promesse ferme de révision à la hausse au bout d’une année.
Malheureusement, j’ai été mal informé sur l’ambiance qui régnait chez mon nouvel employeur. J’ai même failli partir au bout de trois mois, tant la situation était détestable. La situation avait tellement empiré que le DG qui m’a recruté a été obligé de démissionner. Bien sûr, les premiers mois n’ont pas été faciles avec son successeur qui a fini quand même par reconnaître mes compétences. Le problème est que mon salaire est resté figé.»

Mohamed B.
responsable développement RH
«Je changerais d’emploi pour
0 DH si les possibilités de promotion sont intéressantes»
«En matière d’augmentation de salaire, je sais pertinemment que je ne pourrais dépasser les 30 %, surtout dans le domaine des ressources humaines. Je ne m’aventure jamais ailleurs si les conditions de travail sont adéquates là où je suis. Pour 1 000 DH de plus, je préfère rester dans mon entreprise, demander une augmentation, percevoir une prime annuelle…Si une autre entreprise m’offre les mêmes conditions, je changerais volontiers d’emploi pour le même salaire. Je serais toutefois attentif à l’environnement de travail. J’entends par là qu’il faut avoir la possibilité d’avoir accès aux promotions, que le climat social soit favorable, que l’entreprise ne connaisse pas une période de crise…»