Il faut s’appuyer sur ses propres qualités

La confiance en soi n’est pas une qualité innée

Elle s’acquiert et se développe, comme elle peut se perdre si elle n’est pas entretenue.

Pourquoi certaines personnes restent «zen», quand d’autres perdent facilement leurs repères? On peut dire que c’est souvent le niveau de confiance en soi qui détermine l’état d’esprit et le comportement. Si c’est une qualité innée chez certains, cette confiance en soi se travaille, comme on peut la perdre en raison d’un environnement pesant. Françoise Gaigné-Guiraudie, directrice du développement chez Optimum Conseil-Groupe BPI, nous explique pourquoi une personne peut être bloquée et livre quelques pistes sur les moyens de se défaire de la peur d’échouer.

La Vie éco : La confiance en soi est un facteur important pour la réussite professionnelle et dans la vie en général. Il arrive souvent que des hauts profils déçoivent parce qu’ils en sont dépourvus. Comment l’acquérir ?
Françoise Gaigné-Guiraudie : Pour beaucoup de personnes, le capital confiance reste quelque chose qui s’acquiert au fil du temps. Je tiens à distinguer deux sortes de confiance en soi. La première, que je qualifierais de «naïve», peut-être assimilée à une forme de fierté parfois mal placée. La deuxième, naturelle, ou qui s’apprend, est surtout basée sur la prise de conscience de ses propres qualités pour mieux les exploiter. Certaines personnes n’arrivent pas à bien reconnaître leurs principales forces et faiblesses pour pouvoir développer cette confiance en soi. Toutefois, il faut noter que le fait de connaître ses atouts n’est pas naturel non plus.

Pourquoi manque-t-on parfois de confiance en soi ?
C’est un phénomène qui, à la base, relève de notre propre éducation. On sanctionne beaucoup plus les échecs qu’on ne célèbre les réussites. C’est exactement ce qui se passe dans l’entreprise. Du coup, beaucoup évitent de prendre des initiatives personnelles. Ainsi, pour renforcer la confiance en soi, il faut savoir s’entourer des personnes qui comptent le plus, que ce soit dans le milieu professionnel ou familial. Mais il faut tout de même retenir que le degré de confiance en soi diffère d’une personne à une autre.

Le manque de confiance est-il un mal répandu chez les cadres ?
Oui, c’est assez répandu. D’un côté, on leur demande d’afficher une certaine confiance en soi alors qu’au fond ils ne sont pas prêts à l’assumer ou n’osent pas l’exprimer ouvertement. Souvent, lors de nos interventions, nous constatons que certains cadres ne veulent pas de l’image que le management souhaite véhiculer, sans oser le dire. C’est une des raisons pour lesquelles on constate l’émergence de nouvelles formations sur le développement personnel, l’affirmation de soi, le développement des compétences comportementales, l’intelligence émotionnelle… Toutes ces disciplines permettent de mettre en évidence le degré de confiance qu’on peut dégager par soi-même.
En fin de compte, je dirai que le développement des compétences comportementales va jouer un rôle de plus en plus prépondérant dans la réussite des hommes individuellement, mais aussi des entreprises.

Comment peut-on expliquer cette frilosité, cette auto-inhibition ?
Le fait de se voir fixer des objectifs plus élevés engendre un stress très pesant. Ainsi, ceux qui redoutent de ne pas être à la hauteur risquent de s’installer dans un cercle vicieux. Ils ont peur d’échouer, se gardent de prendre des initiatives et finissent par stagner.

Vous avez évoqué l’émergence des formations sur le développement personnel ; apportent-elles vraiment une valeur ajoutée?
Une formation de quelques jours ne peut pas changer rapidement le comportement d’une personne. Elle donne néanmoins des repères sur les points à renforcer. L’envie personnelle reste avant tout un gage de réussite. L’autre facteur de réussite consiste à s’assurer du professionnalisme du formateur. On doit se renseigner sur son parcours et vérifier qu’il ne va pas jouer à l’apprenti psy.

La PNL peut-elle aussi aider au développement du capital confiance ?
En tant que maître praticien en PNL (programmation neurolinguistique), je dirai, comme pour toutes les autres disciplines, que le professionnalisme des consultants joue un rôle déterminant. La PNL est un outil efficace pour le développement de la confiance, si on fait des formations échelonnées sur la durée. En général, les séances sont étalées sur une année à raison de trois jours par mois.

Et le coaching ?
Se faire coacher est aussi une opération qui doit se faire dans la durée. C’est toujours une aide précieuse. Pour qu’il soit efficace, il faut bien évidemment définir au préalable les objectifs à atteindre. Le bénéficiaire et son coach établissent un plan de travail avec des objectifs intermédiaires et un plan d’action que le concerné cherchera à mettre en œuvre sur le terrain après chaque étape. Ainsi, la démarche a toutes ses chances d’être couronnée de succès.

Y a-t-il d’autres moyens plus simples pour développer la confiance en soi ?
Le moyen le plus simple de renforcer son capital confiance est de se fixer d’abord des objectifs réalistes. Cela signifie qu’il faut bien les définir et ne pas oublier de réfléchir aux moyens pour les atteindre. Tout devrait être écrit noir sur blanc comme une espèce d’engagement envers soi-même. Le fait d’agir de la sorte permet parfois d’atteindre des objectifs paraissant difficiles, au départ. Il ne faut pas non plus hésiter à demander une assistance autour de soi, à prendre pour modèle les expériences qui ont réussi. Or, très souvent, les gens ne se décident pas à aller vers les autres, ni même à les consulter sur des points sensibles.
C’est justement par manque de confiance en soi qu’ils agissent de la manière.

Le déficit de confiance peut entraîner un échec, mais un excès peut conduire au même résultat…
Les gens trop sûrs d’eux ont souvent cette tendance à se fier à leurs propres codes, à leurs propres valeurs, alors qu’ils ont peut-être mieux à travailler avec leur environnement. Si l’on ne fait pas attention à cela, les risques d’échecs se multiplient. Il faut donc être lucide et ne pas s’en tenir à sa vision.

Et si l’on a en face un patron oppressant, comment faire pour garder ses esprits?
J’ai tendance à dire qu’il faut savoir manager son patron. D’ailleurs, des formations sur ce thème se développent de plus en plus. Ceci dit, c’est plus facile à dire qu’à faire. Je pense qu’il faut clairement expliquer à son patron ce qu’on attend de lui pour pouvoir mieux comprendre ses directives.