Harcèlement sexuel au travail : Avis de Zakaria Rbii, Vice-président RH de Centrale Danone

Il est du devoir de l’entreprise de sensibiliser et former ses équipes sur le phénomène du harcèlement, bien que les comportements des managers et autres DRH ne permettent pas de distinguer entre ce qui est harcèlement et ce qui ne l’est pas. IL faut mettre fin à cette violence sournoise par une démarche préventive.

Il est difficile de faire un état des lieux du phénomène au Maroc, faute de statistiques ou d’études sur les cas de harcèlement sexuel. En 25 ans de carrière, j’ai été confronté à 3 ou 4 situations de harcèlement au travail. Des cas difficilement remontables pour la simple raison que les victimes n’osaient pas dénoncer les faits et se sentaient coupables d’avoir «encouragé» ces actes ou tout simplement par crainte de voir leur image se ternir.

Il est du devoir de l’entreprise de sensibiliser et former ses équipes sur le phénomène du harcèlement, bien que les comportements des managers et autres DRH ne permettent pas de distinguer entre ce qui est harcèlement et ce qui ne l’est pas.

Il est important de mettre fin à cette violence sournoise, par une démarche préventive concernant toute l’organisation de l’entreprise.

Même si certaines grandes entreprises, les multinationales en particulier, ont élaboré des chartes de bonne conduite, cette violence sociale, difficilement démontrable, reste, malgré le code du travail, toujours totalement impunie dans la majorité des entreprises. Les salariés devront-ils encore courber l’échine, acceptant brimades, humiliations, discriminations… ? Cette violence tue -des études étrangères l’ont démontré- des salariés détruits et fatigués d’être niés chaque jour dans leur dignité.

Outre les chartes de bonne conduite, il y a aussi d’autres voies de recours. C’est-à-dire que le sujet doit être porté à tous les niveaux hiérarchiques, pas uniquement au niveau du DRH  pour éviter qu’une personne soit juge et partie dans une affaire de harcèlement.

Il faut dire également que le pouvoir de la fonction RH soit important dans ces situations et surtout comment le ou la DRH peut-il agir ou sanctionner ou rappeler à l’ordre les harceleurs même au plus haut niveau de grade dans l’entreprise.

Enfin, certaines situations peuvent paraître propices à des cas de harcèlement sexuel. Je citerai, en premier lieu, le recrutement. Certaines personnes sans scrupules peuvent proposer notamment des rapports sexuels contre une embauche.

La promotion constitue le deuxième cas de figure. Malheureusement, cette situation pousse souvent les harceleurs qui détiennent un pouvoir à proposer à leurs victimes une faveur.

Enfin, la dernière situation intervient lors d’une sanction. Là aussi, certains arrangements peuvent être trouvés. Toutes ces situations sont très graves. D’où  la nécessité d’une réelle prise de conscience dans l’entreprise.