Guide pratique pour réduire la facture téléphonique de son entreprise

L’explosion du coût des factures téléphoniques est souvent imputable aux abus des salariés et au recours croissant au GSM.
Choisir un seul opérateur pour sa flotte de mobiles.
Le contrôle en amont n’est pas suffisant, il est possible d’installer
des logiciels de suivi des appels.

La facture téléphonique est un centre de coût difficile à maîtriser, surtout pour les PME-PMI. Que faire pour profiter de la libéralisation du secteur des télécoms et de la concurrence ardue entre les offres des trois opérateurs : Maroc Telecom, Méditel et Wana ?

Avant de procéder au choix de la solution optimale pour maîtriser sa facture téléphonique, les professionnels recommandent la prise en considération au préalable de plusieurs bonnes pratiques.
«Le premier réflexe de rationalisation des dépenses téléphoniques est l’homogénéisation des flottes. Autrement dit, il faut choisir un seul opérateur pour sa flotte de téléphonie mobile», recommande, d’emblée, Nabil Berrada, responsable «business unit» chez l’intégrateur télécom Sigmatel.

Cette décision stratégique découle du fait que les communications de fixe à mobile sont, en effet, surtaxées par rapport aux communications de fixe à fixe. D’ailleurs, l’explosion des factures ces dernières années résulte en grande partie de l’utilisation croissante des mobiles.

«Au-delà de cette chasse aux coûts, il faut, avant de choisir l’offre d’un opérateur, bien évaluer les besoins en téléphonie dans le but de contracter la solution “sur mesure’’ qui réponde au mieux aux exigences de l’entreprise, et par conséquent, de s’assurer d’une économie optimale», ajoute M. Berrada.

Actuellement, les opérateurs IAM et Méditel permettent aux entreprises de choisir des offres spécifiques et de suivre en ligne l’évolution de leurs consommations téléphoniques avec possibilité d’agir dessus en cas d’abus ou de vol. L’interface de gestion permet, en outre, d’introduire des restrictions sur les numéros internes ou externes, sortants ou entrants.
Le contrôle en amont n’est pas suffisant. Il est souhaitable, également, d’installer des logiciels téléphoniques mouchards tel que «Hatif» et «Eagel» pour le contrôle de la consommation de vos collaborateurs. Il s’agit de solutions qui permettent le contrôle en temps réel de la consommation de chaque poste téléphonique de l’entreprise. A défaut, il suffit d’affecter des mots de passe (en chiffres) à chaque collaborateur pour le responsabiliser sur sa consommation téléphonique à partir du fixe.

Utiliser la voix sur IP lors des déplacements à l’étranger
Autre méthode plus restrictive de la consommation, c’est quand le chef de l’entreprise décide de n’autoriser que les appels entrants sur certains postes téléphoniques. Un niveau plus flexible est possible en permettant des appels sortants précis (numéros des responsables et numéros d’urgence).
Quid du roaming ? Cette rubrique plombe la facture téléphonique des entreprises à cause des déplacements à l’étranger des cadres qui doivent rester joignables. «Plusieurs solutions techniques sont disponibles sur le marché pour permettre aux entreprises de réduire les coûts du roaming, notamment par le recours à la téléphonie IP pour un usage inter-entreprise», explique Abderrahmane Mounir, DG de Cisco Maroc.

Il s’agit d’utiliser le réseau internet pour ses communications téléphoniques à travers le VPN (Virtual Private Network) et les liaisons spécialisées (LS) et ce comme si le collaborateur appelait de son poste au bureau. La voix sur IP, autorisée par l’ANRT pour usage interne, est ainsi une technologie qui permet de véhiculer des sons sur un réseau. La voix est numérisée et envoyée sur le réseau IP comme n’importe quelle donnée. La qualité sonore des communications n’est absolument pas altérée par ce procédé. D’ailleurs, les multinationales au Maroc profitent des infrastructures IP de leurs maisons mères pour acheminer les communications entre leurs différentes filiales à travers le monde.