Gestion des risques : le respect de la législation ne suffit pas

L’entreprise est exposée à  des risques physiques et immatériels de plus en plus diversifiés. Sensibiliser, former, mettre les installations aux normes sont parmi les bonnes pratiques à  adopter.

La fumée envahit tout l’immeuble, les alarmes retentissent, les employés quittent leur bureau à toute vitesse, mais en bon ordre, sous l’œil vigilant des agents de sécurité qui font montre d’un sang-froid sans pareil. A peine quelques minutes, les sapeurs pompiers débarquent et commencent à déployer échelles et tuyaux au moment où leurs supérieurs se font briefer. Rien de réel dans cette description. Il s’agit juste d’une opération de simulation organisée par une grande entreprise de la place pour rappeler à ses collaborateurs la conduite à tenir en cas d’incendie. Bien d’autres font pareil en suivant à la lettre l’idée que la prévention est le meilleur moyen de limiter les dégâts en cas de sinistre car, on le sait, le risque zéro n’existe pas. Piratage informatique, vol de documents, cambriolage, sabotage, accident industriel… Dans un environnement complexe, l’entreprise est exposée à toutes sortes de dangers qui peuvent remettre en cause son bon fonctionnement, voire son existence.
 

La gestion des risques doit faire partie intégrante du système de management

Dans la plupart des cas, les initiatives les plus visibles ont trait aux risques physiques, c’est-à-dire qui concernent les individus. Le code du travail consacre d’ailleurs plusieurs articles à cette question. Il exige par exemple des entreprises de plus de 50 personnes la création d’un comité de sécurité et d’hygiène ainsi que la présence d’un médecin du travail. Mais comme dans d’autres domaines, la loi est souvent bafouée, parce que parfois inadaptée ou tout simplement pour des considérations frauduleuses. Mais on ne saurait limiter cette question cruciale de la gestion des risques en milieu professionnel au seul respect des textes. De l’avis de nombre d’experts, elle doit faire partie intégrante du système de management.

Mohammed El Yousfi, DG du cabinet LMM QSE, cite le cas de Lafarge Maroc qui a intégré la démarche QSE dans son système de management. Dans cette entreprise, tous les partenaires du groupe sont sensibilisés et formés aux aspects liés à la santé et à la sécurité. Il en est de même de la Cosumar qui incite aussi bien ses visiteurs, clients, fournisseurs…à respecter scrupuleusement les règles de sécurité lorsqu’ils rentrent dans leurs locaux. Idem à la CMCP-International Paper, selon le DRH Khalid Lahbabi. Sensibiliser, former, mettre les installations aux normes, former un comité de veille, définir un code de conduite sont parmi les bonnes pratiques à adopter.