Gestion des risques : Entretien avec Khalid Lahbabi, Directeur RH chez CMCP- International Paper

« La culture sécurité doit être intégrée dans la culture d’entreprise ».

Le risque zéro n’existe pas mais plus on prend des précautions moins on s’expose à de mauvaises surprises. Certaines entreprises ont pris la mesure des dangers dont sont exposés leurs personnels dans et en dehors du lieu de travail. CMCP-International Paper en est une. Khalid Lahbabi, directeur des ressources humaines, présente la démarche adoptée.

Quelles sont les obligations de l’employeur en matière de sécurité au travail ?

Le code du travail traite l’hygiène, la sécurité et la médecine du travail à travers plus de 60 articles qui précisent les obligations de l’employeur. Ces obligations portent sur les conditions d’hygiène et de salubrité des lieux de travail, sur la protection des différents équipements  pour ne pas exposer les employés aux risques et sur la manipulation des produits dangereux. La mise en place d’un comité d’hygiène et de sécurité est une obligation qui permet de renforcer la gouvernance de la question et la prévention des maladies professionnelles et des différents risques mais aussi de garantir l’application des textes réglementaires. Le code liste les obligations de l’employeur en matière de sécurité. Il est important que les dispositions légales soient respectées comme il est nécessaire de réviser les articles ne pouvant être appliqués pour ne donner aucune excuse à la non-conformité comme c’est le cas pour la présence permanente d’un médecin du travail dans l’entreprise qui est loin d’être réalisable en référence au nombre de médecins du travail disponibles. C’est un point qui mérite vraiment d’être amendé.

Comment appréciez-vous le concept de sécurité dans votre entreprise ?

La sécurité sur les lieux de travail est au cœur de la stratégie de International Paper. Rien n’est plus prioritaire que la santé et la sécurité de nos collaborateurs. Aucun résultat n’aura de sens si la performance sécurité n’est pas au rendez-vous. Ainsi, une politique intitulée «LIFE» a été mise en œuvre pour veiller aux bonnes pratiques des règles de sécurité sur les lieux de travail mais également en dehors.
Quand on parlera sécurité nous évoquerons les conditions de travail et les comportements sécuritaires, la conformité technique des équipements et la conformité à la protection de l’environnement. La «responsabilité» de chacun de nos actes, de nos décisions apparaît clairement comme une des valeurs principales au sein de l’entreprise et est connue par l’ensemble de nos collaborateurs.

Comment êtes-vous organisés?

La maîtrise des risques nécessite la mise en œuvre de programmes pour identifier les risques et les éliminer.  Nous disposons d’un département dédié qui dispose d’une équipe (responsables, superviseurs, agents) sur chaque site. Nous veillons à faire de la sécurité une préoccupation de tous. Chaque responsable doit obligatoirement avoir un objectif sécurité et tous les collaborateurs sont formés à la sécurité. Toute nouvelle recrue, permanente ou temporaire, démarre par une formation ou sensibilisation aux règles de sécurité. Aucun accès sur les lieux des opérations sans EPI (Equipement de protection individuelle) n’est toléré. Chaque prestataire doit se conformer à nos exigences sécuritaires et toute infraction conduira à l’arrêt immédiat de sa prestation.
 
Cela impose une sensibilisation continue…

Dans notre société, la sensibilisation des employés et leur formation sont assurées en interne ou en externe. Nos programmes sécurité comprennent un ensemble de comportements sécuritaires adaptés aux aménagements que nous entreprenons. L’éducation à la sécurité est incontournable. Les règles de sécurité n’ont de sens que si elles sont connues et comprises par le personnel. Le collaborateur doit intégrer que rien n’est plus précieux que sa sécurité et celle de ses collègues. La fréquence des sensibilisations et l’observation des comportements doivent être intégrés dans le système pour accompagner le changement d’attitude. Cela nécessite que des moyens soient mis en œuvre pour équiper et éduquer les collaborateurs. La culture sécurité doit être intégrée dans la culture d’entreprise. Avec nos exigences sécurité, il faut reconnaître qu’il n’est pas aisé de trouver des prestataires familiers avec les règles de sécurité et nous devons intervenir dans leur formation pour la réalisation de nos travaux.
 
Les problèmes de sécurité ne se limitent pas à l’entreprise. On en est également confronté à l’extérieur, notamment à travers l’utilisation des outils comme le téléphone au volant. Qu’en pensez-vous?

La démarche sécurité est une démarche proactive qui doit anticiper tous les risques et certains peuvent être révélés par les nouvelles technologies. Depuis janvier 2013, notre groupe a mis en place une règle liée au téléphone portable, qui interdit son utilisation au volant, même avec un kit main libre. Cette décision est basée sur une étude qui démontre la réduction du champ de vision lorsqu’on utilise le téléphone. C’est un exemple d’évolution des règles sécurité liées à la technologie.