Gestion de projets : Avis de Zakaria Fahim, DG du cabinet BDO

«Ce sont les personnes qui rendent les projets plus complexes»

Généralement, la complexité d’un projet vient de l’approche ascendante que se font certains managers dans sa gestion. C’est simple, je n’associe pas les bonnes personnes, je ne délègue pas ou très peu, je ne communique pas…
Nous constatons bien souvent un réel déficit dans la qualité de l’animation des équipes dans l’un ou l’autre des deux niveaux. Soit au niveau du pilotage individuel comme par exemple dans la qualité des objectifs fixés, des délégations mises en place…, soit au niveau collectif, c’est-à-dire la capacité du manager à mettre en place des processus qui incitent les membres de son équipe à développer des relations positives, de collaboration…

Un mauvais encadrement finit toujours par créer un climat malsain au sein d’une équipe. Vous avez des collaborateurs qui ont atteint leurs objectifs, d’autres non. Cela entraîne naturellement des situations de jalousie, des problèmes interpersonnels… Parfois, les collaborateurs sont animés de bonne volonté, mais c’est dans le management et particulièrement dans le suivi des objectifs fixés que les problèmes surviennent.

Dans ce domaine précis, les compétences techniques ne sont d’aucune aide. Il faut un sens aiguisé des relations humaines et une carrure de mobilisateur. Bref, il faut savoir animer pour que les préoccupations individuelles ne prennent pas le dessus sur le collectif.
Au final, ce ne sont pas les projets qui sont complexes, mais ce sont les personnes qui le sont. L’idée est de ne pas se mettre constamment des barrières mais plutôt se mettre en intelligence collective pour la réussite du projet. A mon avis, pour le réussir, il faut une bonne dose de coaching des équipes, une souplesse dans la manière d’organiser les tâches et les missions, laisser libre choix aux personnes qui adhérent au projet et enfin une bonne communication autour du projet.

Il ne faut pas avoir peur de s’entourer de gens plus compétents que soi. En ce qui me concerne, le lancement de Hub Africa, le premier salon des entrepreneurs africains, a été un véritable challenge. Il y a eu beaucoup d’appréhensions au départ pour le lancement de cet événement mais, au final, cela a été un véritable succès. Ce sont plus de 4 000 visiteurs et participants venant d’une quinzaine de pays d’Afrique, d’Europe et du Golfe arabe qui ont fait le déplacement pour échanger leurs expériences, près de 60 conférences et ateliers animés par plus de 80 experts et conseillers, plus de 17 thèmes traités au profit des visiteurs pendant les 3 jours d’exposition.