Génération Y vs managers : regards croisés sur le monde professionnel

Pour les jeunes, le travail n’est plus une finalité, mais un moyen d’atteindre des objectifs personnels. Ils ont plein de qualités, mais ils sont trop impatients.

Individualistes, ambitieux à l’extrême, peu attachés à l’entreprise, ils viennent au travail en jeans et baskets dès qu’ils en ont la possibilité, imposent de nouveaux horaires, surfent toute la journée sur les réseaux sociaux tout en travaillant…Ce sont là quelques clichés sur la génération Y. Cette nouvelle génération qui ne cesse de faire parler d’elle n’a rien à voir avec sa précédente. Nous avons donné la parole à des jeunes mais aussi à des managers pour comprendre leurs attentes, leur vision sur le monde professionnel, leurs rapports avec la hiérarchie, les collègues…

Mohssine Benzakour, psychosociologue, se veut rassurant. Il considère que «l’une des caractéristiques principales de cette génération est son optimisme. Ces jeunes fonctionnent à l’affectif. Ils ont un besoin pressant d’évoluer dans un environnement rassurant, sympathique et ouvert, loin de toute froideur réglementaire». Il précise toutefois que la difficulté majeure chez ces jeunes est que la notion de travail n’est plus une finalité comme cela a été le cas pour les autres générations mais un moyen d’atteindre des objectifs personnels.

Les nombreuses enquêtes menées sur cette population montrent aussi qu’une des caractéristiques principales de cette génération est le désir de progresser rapidement, d’apprendre de nouvelles choses, de réalisation et d’affirmation de soi avec un souci majeur, l’autonomie. Alors que les moins jeunes défendent en général les systèmes en place qu’ils maîtrisent et qui leur permettent de valoriser leurs compétences, les plus jeunes sont dans une logique offensive et de remise en cause des acquis des autres.

Rebelle ? Oui, la génération Y l’est peut être sur le plan relationnel, les chocs ne manquent pas non plus. Si pour la génération X, l’autorité est synonyme de respect, pour les jeunes d’aujourd’hui, l’autorité est liée d’abord à l’efficacité. Ils sont prêts à s’engager dans des objectifs ambitieux mais n’aiment pas les chefs autoritaires. C’est aussi une génération modulée par internet et les réseaux sociaux. Ils ont un fort besoin de considération et de respect. Mais quand ils sont compris et bien managés, ces jeunes apportent de la valeur ajoutée. Car il n’y a pas que du mauvais chez eux. Volonté, nouvelle vision des choses, goût du challenge, vivacité… toutes ces qualités qu’on leur attribue sont importantes pour doper les performances de l’entreprise. Comment en tirer le maximum ? Pour Ilham Zhiri, gérante de l’imprimerie Almaarif, «comme pour n’importe quelle personne, il faut prendre du temps pour que les compétences éclosent. Comme c’est une population qui a besoin de liberté, il faut savoir la rendre plus autonome. Cela ne tient qu’à trois facteurs : responsabiliser, motiver et rendre les conditions de travail plus agréables».