Formation des cadres : Avis d’Abdellatif Komat , Vice-président de l’Université HassanII de Casablanca

«L’Université veut changer son image auprès des entreprises».

La Vie éco : Les universités peinent-elles toujours à développer des liens avec les entreprises ?

Il est vrai que les universités ont du mal à développer cette culture de proximité avec le monde professionnel, ne serait-ce que pour les stages. Mais cette image est en train de changer. Les universités sont aujourd’hui dans l’obligation de se tourner vers des formations «terrain», des formations d’alternance comme il se fait dans les pays développés. Elles tendent de plus en plus à cela, et les efforts doivent être poursuivis, par exemple, en rendant les stages plus fréquents. Ces liens sont nécessaires pour ajuster l’offre de formations et leur contenu aux compétences recherchées par les entreprises. Par exemple, la commission relation Universités/Ecoles de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) essaye justement de renforcer ces liens.

L’Université Hassan II a tout de même développé des partenariats importants…

Tout à fait, le master Banques et marchés est sans doute parmi les projets les plus concrets. Il a été réalisé en collaboration avec le groupe Attijariwafa et l’Université Cantabria. L’objectif affiché est de répondre à une demande de plus en plus croissante de professionnels qualifiés. La formation vise à former les étudiants aux techniques les plus avancées dans le secteur financier. Le contenu a été conçu en tenant compte des réalités des système bancaire et éducatif marocains et des besoins des banques nationales.
La Lydec, pour sa part, s’engage à financer les projets de recherche dans le domaine de l’assainissement pour un montant d’un million de DH et à accorder une bourse aux doctorants sur une durée de trois ans.
Autre projet, celui conclu entre le groupe Safran et l’ENSEM qui vise à former les cadres du groupe. De plus, l’université accueille de plus en plus de cadres pour la formation continue, et ce, dans tous les domaines : médecine, ingénierie, juridique, management…

Quelles sont justement les formations qui intéressent les entreprises ?

Nous avons remarqué un engouement autour de plusieurs domaines. On peut citer notamment les formations classiques comme l’audit et le contrôle de gestion, les ressources humaines, les systèmes d’information… Il existe également d’autres programmes qui vont de pair avec les projets structurants du pays. Cela va de la logistique aux énergies renouvelables en passant par l’automobile. Il faut dire que depuis quelques années, l’université s’est dotée d’un réel dispositif de formations spécialisées.
A la base, les difficultés consistent en la définition exacte des besoins de profils et compétences recherchés par le marché. Les filières de formations récemment accréditées ont donc été réfléchies sur la base de ces besoins. Toutefois, un affinement est nécessaire en continu.  
Dans ce sens, nous sommes conscients que de nouvelles filières, avec des options de spécialisations, sont nécessaires. Dans le même sens, tous nos programmes de formations viennent d’être renforcés par des modules d’activités de terrain, de travaux appliqués, d’ouverture, de management, de développement personnel…