Formation : Avis de Larbi Bencheikh, DG de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT)

L’OFPPT milite pour une réforme profonde des CSF afin de favoriser l’accès des PME/PMI, voire des TPME.

Bien que la formation continue soit considérée comme un levier essentiel de l’essor économique et social de notre pays, plusieurs obstacles ont entravé son développement, particulièrement les insuffisances du système des contrats spéciaux de formation (CSF).
Ainsi, et malgré les réformes successives, le système des CSF a généré beaucoup d’insatisfactions pour les entreprises et de torts à l’image de l’OFPPT qui n’en assure que le secrétariat.
Ce système est placé sous l’autorité du comité de gestion et administré par le comité central des CSF et des comités régionaux tripartites où sont représentés le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, le ministère de l’économie et des finances, la CGEM et les syndicats.

En effet, depuis sa mise en place en 1996, moins de 1300 entreprises, en moyenne, y font appel annuellement, dont majoritairement des grandes entreprises.
Les PME/PMI, quant à elles, ne représentent que 7% des dépenses engagées et 4% des effectifs des  bénéficiaires.
Cette situation est en complète contradiction avec la nature du tissu économique marocain, constitué de plus de 90% de PME-PMI, sans parler des inégalités d’accès entre régions et ce, malgré les différentes mesures d’incitation prises (formations groupées, tiers payant, financement allant jusqu’à 15 fois la TFP payée…).

De plus, non seulement ce système de mutualisation du financement de la formation ne bénéficie pas à ceux qui en ont le plus besoin, mais on s’est retrouvé dans un schéma où les grandes entreprises étaient subventionnées par les petites et moyennes entreprises.
Pour mettre fin à cette iniquité, l’OFPPT a milité, depuis 2008, pour une  réforme profonde des CSF ; laquelle réforme ambitionne de favoriser l’accès des PME/PMI, voire des TPME en tant que composantes majoritaires du tissu productif national, à travers la mise en place, par l’OFPPT, de plans sectoriels déployés dans le cadre de cartes annuelles négociées et validées par les organes de gouvernance, à l’image de la carte de formation initiale.
Les nouveaux schémas des GIACs et des CSF rejoignent les dispositions de cette convention. Ils offrent dorénavant un cadre simplifié, convivial et crédible, permettant aux PME/PMI d’utiliser pleinement leurs droits en matière de formation des ressources humaines.

L’OFPPT a d’ores et déjà entamé la mise en œuvre des mesures d’accompagnement de cette réforme,  notamment:

  • la définition des spécifications techniques pour la mise en œuvre de la plate-forme d’échange électronique e-CSF, sous l’égide d’un comité de pilotage tripartite présidé par la CGEM;
  • le renforcement de l’Unité de gestion GIAC domiciliée à l’OFPPT pour le traitement des  plans de formation groupée, désormais déposés au niveau de cette unité ;
  • le traitement et la consolidation des demandes de  financement des études sectorielles émanant des associations et/ou des branches professionnelles et leur présentation au Comité central des CCSF pour validation;
  • la mise en place d’une commission mixte OFPPT /GIAC  pour l’élaboration d’un plan d’action destiné à accompagner les associations et/les branches professionnelles dans la réalisation des études sectorielles (diagnostic stratégique et ingénierie de formation sectoriels) ;
  • l’élaboration d’une nouvelle convention OFPPT/GIAC, pour la prise en charge des nouvelles dispositions apportées aux manuels des procédures GIAC et CSF ;
  • Et enfin,l’opérationnalisation du tiers-payant par la conception et le déploiement au niveau des unités de gestion d’un modèle de contrat type et d’une fiche synthétique d’évaluation.