Formation : Avis de Aziz Taib, DRH dans une entreprise industrielle

Au-delà  du diplôme, c’est la personnalité, les valeurs, l’initiative et le dynamisme qui comptent pour avancer

J’ai entamé depuis deux ans un doctorat dans le domaine de la science de gestion avec pour thème l’implication organisationnelle ou plus exactement la problématique de la fidélisation. Un choix d’autant plus important parce qu’en tant que DRH, j’ai vécu cette situation, celle d’impliquer et de fidéliser les collaborateurs. Une problématique que toutes les entreprises vivent pratiquement ; elles sont familières à ces maux: turn-over, course effrénée aux objectifs, engagement du personnel…

A travers ce travail scientifique, j’ai voulu en apprendre un peu plus sur la problématique des entreprises afin d’en sortir avec des recommandations.

A vrai dire, c’est un travail de longue haleine. Certes, mon organisation est souple mais demande de la rigueur. Avec mon tuteur, je définis un plan de travail pour mieux organiser ma recherche théorique, définir la problématique, mener une étude empirique, mettre en place des rencontres périodiques avec mon encadrant…

Bien évidemment, cela demande un sacrifice surtout sur le plan personnel, chose dont je suis totalement convaincu.

En tant que DRH, je trouve également que le fait qu’un cadre se relance dans une formation est une bonne chose. Au fait, nous avons deux catégories de personnes. La première catégorie a cette ambition d’avancer, d’acquérir de nouvelles compétences et n’hésite pas à entreprendre une formation. L’autre catégorie, en revanche, ne dispose pas de cette volonté de le faire.

Toutefois, il ne s’agit pas d’entreprendre une formation juste pour l’avoir sur son CV. La valeur d’un diplôme est déterminée par le marché de l’emploi. En d’autres mots, c’est la manière dont ses détenteurs font valoir leurs compétences et démontrent leur valeur ajoutée au sein des entreprises qui fera la différence.

Mieux encore, c’est la valeur intrinsèque du diplômé qui compte. Pour preuve, vous pouvez avoir deux candidats titulaires d’un même diplôme, mais avec des écarts importants sur le plan du potentiel, parce que d’autres facteurs interviennent au-delà du facteur formation : personnalité, valeurs, initiative, intérêts, dynamisme… Car en définitive, le diplôme n’est qu’un «ticket d’entrée» dans le marché du travail (sorte d’indication du positionnement d’une personne dans la hiérarchie du savoir).

In fine, entreprendre une formation permet d’aider la personne à s’accomplir et à augmenter son rendement. Elle doit donc répondre à une logique rationnelle «win-win» qui dépend de trois fondements. Ce sont les compétences qui sont nécessaires à l’entreprise, le potentiel des salariés qui peuvent l’acquérir et les probabilités qui régulent le cheminement de la vie professionnelle de tous. Ces trois fondements sont eux-mêmes en interaction avec l’environnement de l’entreprise et sa stratégie. Il n’est donc pas étonnant de voir que les entreprises cherchent à attirer et à retenir de «forts potentiels», car ils ont d’importantes capacités à repousser les limites de leurs limites et à acquérir facilement de nouvelles compétences…Et, surtout, de les mettre rapidement en pratique.